J-C. Grangé, Le Passager

Un livre, un destin, un commencement

A l’orée du mois de Septembre (2011), j’avais vu une annonce, voire une publicité, je n’ai plus tellement de souvenirs de comment j’ai eu ce livre en tête, mais la couverture m’a de suite attirée. A l’époque je lisais énormément de livre historique et les « classiques ». De Dumas à Zola, je naviguais dans des eaux claires. En voyant ce bouquin, je savais qu’irrésistiblement je ne pourrais m’empêcher d’aller jeter un œil plus aiguisé au quatrième de couverture et ainsi me donner une idée de quel type de roman c’était. A vrai dire, la 4ème façade m’étonna et c’est avec envie que j’achetais mon premier thriller.

Résumé du livre:

« Je suis l’ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.
Pour m’en sortir, une seule option : fuir l’autre.
Mais si l’autre est moi-même ?… »

Ma critique:

Alors pour tout vous dire, le résumé m’a pris à la gorge. J’avais pour habitude d’avoir des résumés détaillés de l’histoire et là, posé comme une énigme, nous avons ce « jeu ». Le labyrinthe en fond de couverture, cette énigme, ces mots forts en gradation:
ombre – proie – tueur – cible.
J’ai acheté le livre dès que je l’ai vu et je n’ai point été déçu. Je ne connaissais rien aux thriller (du moins pas en livre) et ce premier livre fut une révélation.
Déjà pour un des thèmes principaux qui est évoqué ici, à savoir le TDI (Trouble dissociatif de l’identité). J’ai toujours été fasciné par les troubles provenant du cerveau et comment ce dernier se défend. Ici, Matthias Freire est psychiatre à Bordeaux. Il a des « fugues psychiques » et lors de moments de stress intenses, il oublie tout et devient quelqu’un d’autre. Comprenant cela, il se met en quête de remonter une à une ses différentes personnalités jusqu’à sa véritable identité. Et ce ne sera pas chose aisé.

C’est un thriller poignant qui m’a troublé. Très bien écrit, nous sommes pris en haleine dans la vie de cet homme qui ne comprends pas ce qui lui arrive mais qui doit faire face. En parallèle, un tueur machiavélique effectue ses meurtres dans toutes les villes où est passé le héros.
Je me rappelle avoir dévoré chaque ligne, chaque page pour arriver finalement à cette fin qui laisse sur le cul. Le popotin en vrac. J’aimais ce genre de fin.

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Sans doute quelques uns d’entre-vous ont déjà vécu la situation où vous vivez quelque chose d’intense, de fabuleux et que vous avez envie de cette chose se déroule encore et encore. C’est arrivé à nombre d’entre nous. Et c’est le sentiment que j’avais après avoir fini ce thriller. « Encore ! Un autre ! ». Et je suis toujours dans cette euphorie lorsque j’en achète un, puis lorsque je le lis.

Au final, le Passager a été une excellente surprise pour moi. Mon premier thriller. Je voulais attaquer par cette branche. Avec le recul, j’ai lu des dizaines de romans meilleurs sur plusieurs points et aussi des moins bons.

Les bons points:
– Le fait d’avoir commencé par un thriller psychologique.
Cette dernière est bien présente
– Intense, captivant, agréable
Le mauvais point:
– Les personnages sont un brin superficiel. Je n’ai eu aucun mal à m’identifier au personnage principal. Mais il n’est que peu attachant.

 

Le passage qui pourrait donner envie:

Narcisse blêmit. Ma peinture n’est que repentir. Ses empreintes digitales dans la fosse de Saint-Jean… Sa présence auprès du corps de Tzevan Sokow… Il se visualisa en tueur psychopathe. Un homme le héros de ses toiles. Dominateur. Indifférent. Sarcastique. Changeant d’identité à chaque nouvelle victime. Un peintre qui noyait ses crimes dans le sang.
Il eut une autre idée. Ces œuvres contenaient peut-être une vérité sur ses origines. Un aveu. Un message subliminal, qu’il avait lui-même déposé, à son insu.

 

Petit texte:

Il repensa à sa dernière peinture. Des mois auparavant. Les yeux clos, sa mémoire revenait, par bribe d’abord, plus clairement ensuite. Il se voyait, peignant. Il avait son propre style.
Un œil, une oreille. L’oreille était fendue, comme celle de Van Gogh autrefois. Y avait-il ici une quelconque inspiration ? Une réponse à ses multiples questions ?
Narcisse regarda devant lui. Il se tenait, pieds joins, devant une de ses toiles. Il tenait un pinceau. La peinture était fraîche et il n’avait pas souvenir être en train de peindre. Tournant la tête de gauche à droite, il essaya de se déplacer. Il ne put. Narcisse commença à paniquer, sentant au plus profond de lui qu’il était le tueur. L’homme qui le traquait c’était lui-même, sous une de ses différentes personnalités. Un frisson lui parcouru l’ensemble du corps. Puis vint les tremblements. Il devait se calmer, il le savait. Mais qu’y pouvait-il ? Pris d’un sursaut d’orgueil, il se maîtrisa et empoigna son chiffon, préalablement posé sur le tréteau. De sa main gauche, le peintre tint la toile et de l’autre il effaça avec hargne ce qu’il avait probablement peint. Peu à peu, la peinture disparu pour faire place à une vision qu’il aurait préféré ne jamais se rappeler. Son repentir l’observait. Il s’évanouit.

Pour conclure:

 

Roman disponible en grand format (environ 20€) et en format poche.
édité par Albin Michel. Environ 750 pages.

Pour la petite histoire, le roman est le fruit d’une adaptation télévisée en série (6 épisodes) depuis Novembre 2015. Je ne l’ai pas encore vu mais en général je ne suis pas friand des adaptations françaises (comme on a pu le voir avec Miserère, un autre roman de Grangé, « formidablement » massacré au cinéma).

Merci à tous d’avoir lu, j’espère que vous jouerez le jeu en imaginant un court texte à votre tour.
Je vous prie de m’adresser un maximum de retour pour cette première « critique » afin que j’améliore l’ensemble ! Tout peut-être amélioré et chaque avis compte pour moi.

Bisous à tous, bonne journée et que vos prochaines lectures soient fructueuses 🙂
Poch

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3 réflexions sur “J-C. Grangé, Le Passager

    1. J’ai déjà lu tous les Grangé mon cher ami 🙂 (à part Lontano, l’histoire ne m’attire pas)
      Après avoir découvert Le Passager, je ne pouvais me résoudre à abandonner cet auteur.
      Et je suis fan de thriller, à n’en pas douter. La plupart des chroniques de ce blog vont porter sur des livres que je vais lire ou que j’ai déjà lu, mon cher ami !
      Merci d’être venu commenter, en tout cas.
      Amicalement,
      Poch

      J'aime

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