Rick Yancey, La 5ème vague

 

Attendu mais pas convaincu !

La première fois que j’ai entendu parler de la 5ème vague, c’était pour la « promotion » du film au cinéma. A ce moment là il n’y avait qu’un petit trailer et l’histoire me plaisait. J’ai découvert que l’histoire était, comme bien trop souvent au cinéma, tiré d’un livre qui faisait un carton. Une réussite pour certains, un coup de cœur intégral pour d’autres, il me fallait y jeter un œil, et j’y jeta finalement les deux. Achetant le livre relativement tôt par rapport à sa sortie officielle (non annoncée à ce moment là), j’ai commencé ce bouquin une grosse semaine avant sa sortie au cinéma.

Occupé par des activités extra-universitaire et par des lectures concernant mes études, j’ai lu la première partie (du début à 190 pages) en une courte semaine et la seconde partie en une après-midi. D’une longueur avoisinant les 500 pages, roman d’une taille correcte pour un premier tome, le livre se lit facilement sans qu’il n’y ait de gêne dans la compréhension. Mais bien qu’attendu, ce bouquin ne m’a pas totalement convaincu et je vous explique pourquoi ci-dessous.

Résumé du livre:

1ère Vague : extinction des feux.

2e Vague : déferlante.

3e Vague : pandémie.

4e Vague : silence.

La 5e Vague arrive…

À l’aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper… Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son ultime espoir de sauver son petit frère. Du moins si Evan est bien celui qu’il prétend…

Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

Ma critique:

Je ne vous le cache pas, d’emblée, ce bouquin est une légère déception. Plusieurs points dans cette histoire m’ont dérangés ou auxquels je n’ai pas accroché. Je vais cependant commencer par les choses qui m’ont marqués et que j’ai apprécié car ce livre ne possèdent pas que des défauts, loin de là.

Tout d’abord, j’ai terriblement apprécié les personnages secondaires de ce roman qui se révèlent à mes yeux plus forts, énigmatiques, travaillés, pesants dans l’histoire en comparaison de l’héroïne.

. Ben Parish est le garçon de lycée que toute les filles convoitaient. Beau garçon, il s’intéresse, dans l’ordre: aux voitures, au football et aux nanas. Il est populaire et l’héroïne (Cassie) s’intéresse bien évidemment à lui. Dans l’histoire, Ben Parish est aussi « Zombie », une sorte de nom de code donné aux enfants dans le camp militaire qui les forment pour aller massacrer les extra-terrestres. Nous avons Dumbo, Nugget, Ringer, Tank, et bien d’autres.

. Sammy, le petit frère de Cassie. Nous avons un court passage sur ce petit, je veux dire, de son point de vue. Et j’ai adoré ce passage. Bien construit, j’ai pu me mettre à sa place et j’ai « remonté le temps » afin d’imaginer quels auraient été mes réactions par rapport à la situation pour le moins pesante et je dois dire qu’il a quand même fait preuve d’un courage dont les petits essaient souvent de faire preuve. Ça ne l’empêchait pas d’avoir peur, au contraire. Mais c’était touchant (notamment sa légère discussion avec Megan). Ensuite mis dans une escouade (avec Zombie) sous le pseudonyme de Nugget.

. Oliver, le père de Cassie. Il a une importance cruelle et fantastique dans l’histoire. Il est calme, posé et réfléchis par rapport aux événements en cours. Il apporte cette finesse intellectuelle et courageuse à sa famille. Il est ce qui forge la réflexion de Cassie vis-à-vis de l’invasion. Franchement, j’ai été agréablement pris dans ce personnage. Une fin de vie triste ceci dit, mais nécessaire.

Ensuite, j’ai plutôt apprécié le flashback pour raconter les vagues successives. C’était nécessaire pour comprendre comment 7 milliards d’être humains ont été éradiqué. Et j’ai beaucoup aimé le plan des aliens, intelligent et juste, du moins au début. (je ne parle pas de justice mais de justesse)

Je finirai cette première partie en disant tout de même avoir apprécié cette lecture. Chaque livre apporte sa dose de rêve, d’imaginaire. Chaque personne a son interprétation, sa vision des extra-terrestres. Pour certains, selon les dogmes, ceux sont des hommes verts. Pour d’autres, ils peuvent être humain, comme nous. D’autres encore imaginent des machines. J’ai apprécié la vision que nous offre Rick Yancey, qui laisse place à beaucoup d’imagination de la part du lecteur. Qu’étaient ces extra-terrestres avant d’être «téléchargé» pour intégrer et cohabiter au sein d’un corps humain jusqu’à ce qu’il prenne sa place. C’est une question à laquelle chacun aura son interprétation.


Venons-en maintenant au négatif. Du moins, dans ce que j’appelle négatif, je le rappelle encore, ce n’est que mon opinion, je vois d’ici arriver les vagues (sans mauvais jeu de mot) de protestation, les cris d’agonie de certaines personnes, déblatérant milles insultes à mon encontre.

Disons-le nous franchement. Qu’est-ce qui fait qu’un livre axé jeunes adultes, une saga qui plus est, marche, fasse un carton ? Il n’y a qu’une seule chose à faire pour englober et faire apprécier à une multitude de personnes une saga. D’Hunger Games à Divergente et de Divergente à la 5ème Vague, ces trois livres ont une chose en commun: l’amour entre deux être.

Trouvant Cassie peu attachante et inintéressante, il a fallu qu’elle vive en plus une semi-romance bateau pendant x pages qui m’a fait trépigner. Que c’était lourd et sans intérêt. Pendant x pages, j’ai revu la même combinaison de mots au moins 8 fois, sans exagération, portant sur les «gros muscles» d’Evan Walker. La jeune adolescente de 16ans qui avait un léger béguin pour Ben Parish mais qui n’a jamais osé le lui révéler et qui, dans ce passage joue au jeu du chat et de la souris avec un homme qu’elle connaît à peine mais qui l’a sauvé d’une mort certaine après lui avoir tiré dessus. Effrayant dîtes-vous ? Presque une histoire à dormir debout. J’ai tout de même forcé mon attention et lu ces pages d’une longueur à pâlir d’ennui.

Evan Walker maintenant. Le personnage m’a divisé. Il est d’abord peu intéressant, effrayant. De nombreuses filles sont tombées sous son charme, apparemment, en lisant les descriptions étayées sur son physique. Mesdemoiselles, gardez votre calme. Puis, après une révélation qui fait tout son sens au cœur de cette intrigue, il se révèle plus complexe, tiraillé entre «deux mondes» à proprement parlé et follement amoureux de Cassie. D’ailleurs, c’est une des seules questions qui demeurent après la fin de ce premier tome, en tout cas pour moi, où est Evan ?

Je disais donc, est-ce que ce livre aurait autant de succès sans cette amourette qui séduit les publics depuis de nombreuses années maintenant ? Je n’en suis pas si sur. Mais malgré tout ce livre aurait, selon moi, bénéficié de plus de crédit, de charme s’il s’était démarqué du «genre» romanesque qui fait fureur dans les trames de romans destinés aux jeunes adultes.

Autre point assez décevant, l’antipathie par rapport au stéréotype, au cliché que représente le «méchant», l’investigateur de l’invasion extra-terrestre, le Commandant Vosch. Tout dans sa description, son comportement, les adjectifs axiologiques, tend à détester cet homme, qui ressemblerait presque trait pour trait à un petit dictateur à moustache quelques siècles auparavant, renforcé par son «camp de la mort».
Un méchant qui manque de charisme. Froid, cruel et manipulateur comme l’on s’y attend, mais peu crédible finalement. J’aurais bien aimé avoir quelqu’un qui soit plus en retrait mais plus travaillé, plus cynique. Ou quelqu’un auquel on ne s’y attendait pas après 120 pages. Le docteur Pam par exemple, sous ses airs d’infirmière aimable et attentionnée, aurait pu être une candidate acceptable au poste dit.

Les bons points:

  • Une intrigue globalement intéressante
  • Personnages secondaires intéressants et qui apportent énormément
  • Le principe des vagues successives, bon point

Les mauvais points:

  • Un méchant charismatique ! Non je rigole. Déplorable.
  • Une héroïne peu attachante. Prend soin de nounours ceci dit.

Mitigé:

  • Evan Walker. Personnage complexe qui se révèle utile à l’histoire. Mais pourquoi faut-il toujours insérer une histoire d’amour sans queue ni tête.

 

Le passage qui donne envie:

Désolée, Sam. Je sais ce que j’ai dit, mais tu es trop jeune pour comprendre qu’il existe toutes sortes de conneries. Les conneries que tu connais – et tu sais que tu les connais. Les conneries que tu ne connais pas – mais tu sais que tu ne les connais pas. Et les conneries que tu penses connaître, mais que tu ne connais pas vraiment. Faire une promesse au beau milieu d’une invasion extraterrestre tombe dans cette dernière catégorie. Je suis tellement … désolée !
Tellement désolée.

Mon texte:

J’étais perdue, prisonnière au milieu d’une ville où toute population avait été éradiquée. Je mourrais à petit feu, un Silencieux me tenant en joue. Si je sortais, la mort m’attendait. Si je restais, la mort me prendrait. Je n’avais pas d’alternative et le temps ne jouait pas en ma faveur. Sams me manquait. J’étais proche de ne pas tenir la promesse que je lui avais faîte lorsque je l’avais vu pour la dernière fois, alors qu’il partait dans l’un ces bus scolaires jaunes. Je détestais cette invasion. J’avais une haine indescriptible à l’encontre de Vosch. Et je pleurais mon père tout en le détestant d’avoir cru à la charité des extra-terrestre. Depuis le début de la première vague je le savais, je le pressentais. Ils voulaient nous tuer, jusqu’au dernier. C’était un génocide à grande échelle, méticuleusement préparé depuis des décennies. Cela était aussi clair que de l’eau de roche à présent. Bougeant légèrement ma jambe, la douleur me ramena à la réalité. Ma réalité était là, dans cette carcasse de voiture. Seule. Terriblement seule.
Tu dois tenir ta promesse, autrement tu seras une menteuse Cassie.
Nounours… Quel insupportable ours. C’était une évidence pourtant. Pourquoi faire une promesse quasiment impossible à tenir, qui plus est lors d’une invasion extraterrestre. Mais pour mon petit frère, lui qui pleurait dans mes bras quelques jours auparavant. Lui qui, âgé de ses 5ans, arrivait à me consoler et comprendre le monde mieux que mon père et moi réunis, parfois. Lui qui apportait à ma vie ce qu’il me manquait cruellement en ce moment même, du soutien, autant moral que physique. Ne désespère pas Sams. Je vais me lever, faire face à mon destin, si tel doit être mon destin. Qu’importe que je sois la dernière humaine sur Terre, je vais montrer que les Hommes ont encore à prouver et peuvent encore avoir des forces alors qu’ils ont été jusqu’à présent acculés, dos au mur, ne sachant riposter et subissant les vagues successives, une à une, comme le couperet de la guillotine. J’arrive Sam… J’arrive…

Pour conclure:

En conclusion, je dirai que je suis relativement déçu par ce bouquin. Je le répète encore une fois, c’est la première fois qu’en lisant un premier tome d’une saga à succès, je n’ai pas cette envie irrésistible d’acheter le second. En refermant le bouquin, je ne me posais pas une multitude de questions. Le lendemain (aujourd’hui), bien qu’ayant suffisamment de détails en tête, je ne suis plus vraiment dans l’histoire et bien décidé à passer à autre chose. C’est dommage car cela s’annonçait particulièrement enivrant comme lecture.

Ce premier tome profite donc actuellement d’une adaptation cinématographique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le film ne fasse pas un carton, il passe même au second plan. C’est bien dommage car j’aime beaucoup l’actrice qui joue Cassie (Chloë Grace Moretz: Hugo Cabret notamment). A vrai dire, le film est actuellement à la hauteur de là où je place le livre.

Espérant que votre haine soit passée, je vous prie, pour ceux que j’aurais blessé au sein de cette chronique, d’accepter mes excuses. Pour les autres, plus clément, je vous invite tout de même à jeter un œil à ce premier tome qui ne s’avère pas si mauvais comme je l’ai exprimé.

Je vous invite aussi à réagir en commentaire. Qu’avez-vous pensé de cette ouvrage ? Avez-vous lu le tome 2 ? Ou déjà vu le film ? Réagissez !

Je tiens aussi, pour la troisième fois, à ce que vous mettiez en commentaire vos retours sur la forme globale de la chronique. Je travaille l’ensemble chaque fois pour vous proposer un travail plus propre et adapté. Mais je fais ça aussi pour moi, parce que cela me plait et me donne de l’allant pour mes écrits !

Je vous souhaite une bonne journée, j’espère que vous avez savouré vos crêpes pour la Chandeleur. Pour ma part, n’ayant pas de machine pour concevoir ces petites merveilles, j’ai du passé outre la tradition.

Bien à vous et amicalement,

Poch.

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7 réflexions sur “Rick Yancey, La 5ème vague

  1. Contrairement à toi, j’ai beaucoup accroché à ce livre 🙂
    Je l’ai lu avant qu’on entende parler autant du film et je n’en attendais pas grand chose. Au final, j’ai été agréablement surprise. J’ai beaucoup aime l’histoire et les flash backs, essayer de comprendre ce qui se passait et qui était réellement les méchants … J’ai hâte de découvrir la suite 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Re !
    Je viens donc te donner – un bout, sinon j’aurais plus rien à dire pour mon blog héhé – de mon avis sur La 5ème vague 🙂
    Je suis assez d’accord avec toi concernant la romance : j’avoue que j’aime bien les romances, mais j’aime pas vraiment quand c’est trop prévisible et que ça tient moyen la route. Bon peut-être que ça existe une personne qui en espionne une autre, essaye de la tuer mais n’y arrive pas parce qu’il en tombe fou amoureux alors qu’il ne lui a jamais adressé la parole… Non ? Bon. Je ne suis pas contre le fait qu’elle ait eu lieu, mais la façon dont elle a eu lieu !
    J’aurais un peu plus apprécié qu’Evan Walker soit plus mystérieux aussi, qu’on sache pas vraiment dans quel camp il est, ça aurait ajouté un peu de piment, là j’ai toute suite compris que c’était lui qui avait tiré sur Cassie et tout, y avait pas beaucoup de mystères autour de ça.
    Après sinon j’ai trouvé l’histoire originale, ça change un peu des petits hommes verts qui débarquent et détruisent tout, là ils détruisent aussi mais de manière plus subtile, et c’était bien mené. Par contre je ne trouve pas que ce roman soit « Young adult » mais plutôt « new adult » de part l’âge des personnages principaux mais aussi ce qu’ils doivent affronter, l’histoire est quand même assez complexe.

    Bref voilà, je garde le plus gros de mon avis pour mon blog, même si je détaillerai sûrement un peu plus ces points-là en plus d’autres 😉 Ton petit texte est très bien !

    Bonne soirée

    Aimé par 1 personne

    1. Hello !
      Je te réponds un peu tard, pardon.
      Je serai ravi d’aller voir ta chronique une fois qu’elle sera publié et si possible échanger sur les différences et points communs de point de vue et d’avis.
      Tout à fait d’accord avec toi concernant l’originalité. C’est comme que j’ai dit cependant, il n’en dévoile pas trop pour laisser notre part de mystère.
      Tu as bien aimé mon petit texte donc ? Tu penses qu’il pourrait s’insérer dans le roman ? C’est un « petit jeu » que j’aime bien faire et qui est plaisant !
      Je te souhaite une agréable fin de journée et une bonne semaine après ! 🙂

      J'aime

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