David Ellis, 16 ans après

16 ans apres
560 pages, un coup de cœur

Va-t-on me croire si, encore une fois et pour la troisième fois d’affilé, j’obtiens un coup de cœur pour un roman ? J’entends d’ici les dires que je décerne facilement à un ouvrage la palme d’or du bouquin type à avoir sur sa table de chevet, le livre à lire absolument, vous clouant sur place et vous faisant passer des heures lové sur votre canapé, sirotant toutes les cinquante pages votre thé vert comportant deux sucres ou, blotti dans votre lit ou sur une chaise, confortablement installé, ne vous souciant plus du temps qui passe, tournant nerveusement chacune des pages jusqu’à en arriver à un dénouement tellement imprévisible malgré toutes les questions et élucubrations que vous vous êtes posé jusqu’ici. Et bah, pour une fois, je vais dire que vous avez raison. Oui, toi, qui me lit actuellement. Tu ne me crois quand-même pas si fou pour décerner aussi facilement une « médaille » à un bouquin qui en vaut la peine sans argumenter et en vanter les mérites ? Tu veux frémir, ruminer, saliver et t’angoisser ? Tu veux avoir une occupation pour une journée, une activité qui va te faire passer d’un état de stress et d’interrogation à une situation de perte de contrôle, de repères ? David Ellis a concocté ce roman pour toi, lecteur. Un thriller a la hauteur de tes attentes. Un roman qui se lit d’une traite de la première à la dernière page, remerciements compris, comportant la petite note adressé à sa tendre femme. Oui, tu m’as bien lu. David Ellis, qui est l’auteur ici de son troisième roman, te donne l’occasion de faire marcher tes méninges, de te laisser prendre au jeu, de participer. Et au final, devine qui gagne ?

Résumé du livre:

1989. Six jeunes filles sont assassinées sur le campus d’une petite ville américaine. Paul Riley, jeune assistant du procureur, mène une enquête efficace qui le conduit vite au coupable. Preuves accablantes, absence d’alibi, aveux… l’assassin est condamné à mort.

2005. Paul Riley travaille désormais pour un important cabinet privé d’avocats d’affaires dirigé par Harland Bentley, dont la fille faisait partie des victimes du campus. Lorsqu’une nouvelle vague de crimes endeuille la ville, Riley, troublé, ne peut s’empêcher de faire le lien avec l’affaire qui l’a rendu célèbre seize ans plus tôt. Avait-il alors fait fausse route ? L’homme qu’il a fait exécuter était-il vraiment le coupable ? Tiraillé par le doute, il reprend son enquête de l’époque. Un élément crucial n’aurait-il pas été négligé ? Or, les secrets sont nombreux autour de lui et, semble-t-il, personne n’a intérêt à le voir ainsi remuer le passé…

Une enquête rondement menée

Comme le résumé l’indique, la première partie de ce roman se concentre sur les événements qui se sont produit en 1989. Six jeunes filles sont retrouvées au sein d’un amphithéâtre d’université. L’identité du tueur est très vite connue. Des preuves accablantes. Ce dernier avoue, par un stratagème du personnage principal, Paul Riley. Il est ensuite condamné à mort. Exécuté. Point final.

Cette première partie est intéressante. Déjà nous mesurons le charisme du personnage principal, celui que nous allons suivre tout au long de ce roman. Paul Riley est intelligent et compétent. Un personnage attachant, qui sait ce qu’il veut. Les circonstances ont fait qu’il boucle cette enquête rapidement. En quasiment deux jours, tout est sur la table. Rien ne laisse à douter que ça ne ce soit passé autrement. Les aveux sont clairs. Les preuves irréfutables. Bien décrite et déjà haletante, cette première partie nous plonge donc « dans le passé » des événements qui vont nous concerner directement, 16 ans après. Et, croyez-moi, ce n’est que le commencement d’un spectacle que vous paierai cher pour y assister.

Narration triple et multiples accusations

En 2005 donc, 16 ans après les événements de 1989, Paul Riley est un avocat renommé. Il est celui qui a condamné Terry Burgos, l’assassin des six femmes. Une réputation notoire et respectée, Riley est un homme qui excelle dans son métier. Toujours en contact et ami avec l’officier de police qui enquêtait avec lui en 1989, Joël Lightner, Riley savoure les plaisirs de la vie malgré sa récente séparation avec la fille du gouverneur de la ville. Très vite, une série de meurtres commencent dans la ville et il se retrouve au cœur de la tourmente, car ces meurtres évoquent cruellement le massacre de Burgos, 16 ans auparavant.

Nous suivons trois personnages dans ce roman. Riley, l’avocat qui se retrouve dos au mur, rongé de doutes à savoir s’il ne s’est pas trompé dans ses accusations. L’inspecteur McDermott, policier expérimenté et intelligent mais un peu instable dû à un traumatisme récent dans sa vie. Et le tueur. Nous seul savons l’identité de ce dernier. D’ailleurs, ces passages sont tous bien ficelés. J’ai eu un certain plaisir, non pas à savourer les état d’âmes de ce dernier et ses pulsions meurtrières, mais de savoir comment il pensait, réfléchissait. Il se dit « beaucoup plus intelligent qu’il ne l’est, bien que l’on le prenne pour un idiot ». Mais lui, il le sait. Méticuleux et assidu dans sa tâche, il fait déjouer à merveille chacun des personnages. Mais peut-être aussi toi, lecteur, si tu es assez pris dans l’histoire pour y prendre vie ?

Au fur et à mesure de l’intrigue, nos accusations vont d’une personne à une autre. On perd pied à chaque chapitre dans les suppositions que nous avons préalablement faîtes. C’est injuste de se faire tirailler comme cela. Mais ça n’en reste pas moins convaincant. Saurez-vous déceler la vérité et trouver l’araignée au milieu de sa toile ? J’en doute. Mais je vous met au défi.

Une vérité éclatante

J’ai deviné le fin mot de l’histoire. Si si, je vous assure. Pas de blague entre nous, ne vous l’avais-je pas encore dit ? Soit, alors je vous le dis maintenant. Ce n’est pas une blague, j’ai deviné le fin mot de l’histoire… vingt pages avant la dernière page, soit une dizaine de pages avant la révélation. Mais c’est tellement irréaliste. Je me demande encore comment une telle chose à germer dans mon esprit. Finalement, ça en devient presque évident et je n’en suis que plus satisfait. Tout ne repose pas que sur des suppositions et tient sur une base solide, très solide. Ne comptez pas sur moi pour vous aider à résoudre cette enquête. Demandez à Paul, il sera ravi de vous y aider.

Le final, je ne puis dire à quel moment il débute vraiment. A cent-cinquante pages de la fin, sans être certain. Vous multiplierez les pistes, mais vous n’atteindrez jamais la vérité. Et si vous avez tenu jusque là et pas encore vomi vos tripes pour un des meurtres sanglants (bien que peu détaillé, mais l’imagination prend le relais) et qu’une ébauche de vérité vient à vous, doucement, alors vous pouvez être quasi certain que vous faîtes fausse route.

Un livre maîtrisé de bout en bout

On pourrait croire, qu’avec l’afflux et le surplus d’informations, l’auteur se perd dans sa démonstration. Non, pas du tout. Laissez de côté ces clichés et réfléchissez attentivement. Bien sûr que des écrivains se perdent dans leurs réflexions mais je n’en ai pas eu la sensation ici. Ce roman est maîtrisé du début à la fin. Tout est fait pour nous emmener dans plusieurs directions et nous empêcher de trouver la bonne. Et à un moment donné, la bonne vous est peut-être donnée ? Je ne répondrais pas à cette question.

Le roman possède une écriture fluide, aéré. Pas de problème de vocabulaire, mis à part quelques jargons propres à des domaines précis. C’est un livre efficace. Un véritable page-turner. J’ai rarement eu l’occasion d’en avoir entre les mains. C’est un coup de cœur intégral, cela va de soit.

Quelques longueurs parfois et une narration un peu compliquée à suivre de temps en temps, pris entre flashback et retour au présent, mais ce n’est que futile. L’intrigue est complexe, c’est ce que l’on demande généralement à un thriller.

Je me dois aussi d’ajouter que c’est un thriller juridique. Vous connaissez tous de nom Grisham comme le maître de ce style de thriller. Je vous invite particulièrement à découvrir Ellis si ce n’est pas déjà fait. J’avais déjà adoré et dévoré « Caché », son second ouvrage, bien avant la création de ce blog. Et j’ai mis en stand-by la lecture de son premier roman, « La comédie des menteurs », qui est un chef-d’œuvre d’après les différents avis. Le livre commence par la fin et remonte dans le temps. Vous voyez le schéma.

Tu es arrivé jusqu’ici, cher lecteur ? Que vas-tu faire ? Je sens que tu trépignes d’impatience, tu as envie, toi aussi, de connaître le fin mot de l’histoire. Ce ne sera pas facile, croit-moi ! Mais ce roman en vaut la chandelle. Il ne fera pas tâche dans ta collection. Vas-y les yeux fermés, ce livre va très vite devenir incontournable.
Une chose est certaine pour moi quoi qu’il advienne de tes agissements après la lecture de cette chronique. Tu veux savoir ce à quoi je pense ? Je vais te le dire, ne soit pas si impatient. J’y arrive, encore un instant. Ce qui est certain, c’est que j’aurais le même coup de cœur, 16 ans après…

Conclusion

Ce roman est aux éditions Cherche-Midi. Paru en 2015 en grand format.

J’ai vu qu’Ellis avait sorti un livre, avec le complicité d’un autre auteur, James Patterson. Le roman est sorti début 2016 et s’appelle Invisible. Je jetterai un œil assez avisé sur ce roman lors des prochains mois !

Je lis beaucoup ces derniers temps et mon blog commence à grouper de nombreuses chroniques. Seulement, je ne m’attelle que sur des chroniques de romans et je ne fais aucun article à côté. Je ne sais pas encore si je vais évoluer dans ce sens ou rester sobre.

Quoi qu’il en soit, mes prochaines chroniques devraient porter sur les tomes 2 et 3 des gardiens des cités perdues. J’espère grandement que la suite sera aussi bonne que le premier tome (vous trouverez ma chronique ici). Je lirai aussi Cité 19 de Stéphane Michaka. Je me suis acheté le roman récemment. J’aurais aussi une lecture commune avec un ami blogueur, Jacaranda (Chronique de papier). Je vous invite à jeter vos deux yeux sur son blog. Ses chroniques sont courtes mais travaillées, attisant notre curiosité.

En vous souhaitant un agréable week-end et en espérant vous avoir mis l’eau à la bouche. N’achetez-pas le pack, ceci dit. Restez à la bouteille !

Poch

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7 réflexions sur “David Ellis, 16 ans après

    1. Ah ah !
      Bah non, puis ce n’est que 10 pages, et encore ! Te jure je ne sais même pas comment j’en suis arrivé à « deviner ». Ce doit être l’habitude de me faire enrhumer !
      Pas de problème 🙂

      J'aime

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