Paul Cleave, Un employé modèle

Un_employé_modèle

Je n’avais jamais entrepris auparavant une lecture commune. Le fait de commencer un livre au même moment avec un partenaire et d’échanger avec ce dernier tout au long de cette lecture. C’est une expérience pour le moins sympathique et j’ai eu plaisir à faire cette première lecture commune avec Ludovic, un blogueur attachant et passionné. Je vous invite par ailleurs à consulter son blog, aussi riche qu’attirant (Chronique de Papiers).

Nous avons choisis un livre que nous avions tout deux dans notre PAL. Il n’y en avait qu’un mais c’était de toute manière un livre que je traînais avec moi depuis un certain temps, non sans y avoir jeté plusieurs coup d’œils, mais n’ayant jamais franchi le pas d’y prêter une attention plus concrète. Il s’agit d’ «un employé modèle», de Paul Cleave. Bien que la lecture s’est avérée plus longue qu’initialement prévue (j’ai du réviser pour un partiel entre temps), elle m’a été plaisante et ce malgré quelques anicroches.

Résumé du roman

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres.

Un psychopathe original

C’est sans doute la grande force de ce roman, son héros. Joe Middleton n’est pas un homme comme les autres, oh ça non ! Il nous le répète au fil du roman, paraissant crétin aux yeux de tous, humoristique et hautain à nos yeux et beaucoup trop sûr de lui, à raison jusqu’à présent mais moins lorsque nous commençons l’ouvrage. Comme dit un peu avant, Joe possède un humour à toute épreuve. Cynique et malgré tout attachant, il se révèle amusant tout au long du roman, malgré des scènes plutôt cocasses, où il casse le bras d’une de ces victimes ou, pour ne citer que ça, les échanges qu’il tient avec sa mère. Joe n’est pas le premier psychopathe un tant soit peu loufoque que je croise dans des ouvrages de ce type: Patrick Bateman d’American Psycho était déjà bien barré et doté d’un détachement émotionnel sans équivalent. Pour son premier roman, Paul Cleave instaure déjà ici sa patte d’écrivain, donnant une nouvelle image d’un possible tueur en série. Car Joe est un homme stable. Il n’a aucune psychose, aucune aliénation mentale. Il n’est guidé que par son plaisir. Et comme il le répétera assez souvent dans le roman, «c’est son humanité».

Un thriller qui n’en ai pas un

Alors la, je vais m’attirer les foudres de certains, mais ce n’est que mon humble impression. J’ai lu une quantité raisonnable de thriller pour me faire une opinion assez définie d’un «thriller» sous sa forme la plus parfaite, la plus efficace. Je n’ai frissonné à aucun moment au cours de cette lecture. Bien entendu, comme pour chaque lecture, j’ai envie de savoir le fin mot de l’histoire. Mais un thriller requiert de l’angoisse, une certaine appréhension des événements à venir, anticiper ce qu’il pourrait se passer. Dans cet ouvrage, je tournais les pages une à une complètement décérébré en sachant le fin mot de l’histoire. Au début de l’ouvrage, nous apprenons qu’il avait déjà tué six femmes. Cela semblait logique qu’il y ait deux fins possibles: soit il réussissait son plan machiavélique de faire endosser ses meurtres sur le dos de quelqu’un d’autre. Soit non et il se faisait prendre. Pas de retournement de situation, pas vraiment de chamboulement dans cette fin, préméditée depuis le début. Je pense donc que cet ouvrage devrait être classé comme un policier. Et ce sont sans doute les scènes de meurtres qui le range dans cette autre catégorie. Je voulais aussi rajouter un bémol pour la longueur du roman. Certains passages paraissent affreusement long et il ne s’y passe pas grand chose, le livre y aurait gagné en intensité s’il avait été plus court, je pense !

Un livre prenant malgré tout

Ceci-dit et bien que les défauts étayés auparavant ont altéré un probable coup de cœur, j’ai quand-même passé un agréable moment de lecture en compagnie de Joe. Outre l’humour, c’est la narration et les différentes péripéties qui se révèlent agréable à l’histoire. Avec notamment un jeu du «chat et de la souris» entre Sally, une femme simplette qui se fait un sang d’encre pour Joe, car elle le voit comme un «attardé», le portrait craché de son frère, et Joe, qui voit en Sally la femme au «QI de 70», incapable de tenir une conversation intelligente et débitant des propos parfois inintelligible. Sur fond de quiproquo, dans une relation en triangle entre ces deux personnages et un troisième qui va s’y greffer, l’intrigue prend une certaine dimension lorsque les pensées et la réflexion de Joe s’égarent et ce dernier, s’affaiblissant peu à peu, nous offre un dernier coup de maître pour tenter d’échapper à son destin.

Lecture commune

J’invite quiconque voulant faire une lecture commune à m’en faire part. Selon le livre, mon intérêt et mon temps, je serai enclin (ou non) à faire cette lecture avec vous. En général je ne suis pas difficile mais parfois tatillon à choisir mes préférences ! Merci encore à Ludo pour sa lecture, de son côté. Nous avons brièvement échangé et en avons sorti le même avis, dans ses grandes lignes. Il me semble toutefois qu’il a plus apprécié sa lecture que moi.

A très vite !

En effet, je vous retrouve très bientôt (quelques heures) pour un nouvel article ! Et un deuxième suivra bien assez tôt. Une chronique littéraire et une narration.

Je vous souhaite une agréable journée, prenez-soin de vous et de vos proches 🙂

Poch

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2 réflexions sur “Paul Cleave, Un employé modèle

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