Stephane Michaka, Cité 19 T2

Les personnes n’ayant pas lu le tome 1 ne sont pas éligibles sur cette chronique, à moins que:
– vous aimiez vous faire spoil, car je ne puis faire autrement
ou
– vous ne voulez pas perdre une miette de cette chronique car mon écriture vous envoûte et, dans ce cas, je vous en suis gratifiant et irai psalmodier sur mon balcon à tue-tête.

 

Cité19_T2
éditions Pockets Junior – 425p. Un second tome et une saga à ne pas manquer !

 

Pour tout vous avouer, je partage deux sentiments après la fermeture de se second et dernier tome. De la gratitude, d’abord, d’avoir pu lire une courte saga autant envoûtante que Cité 19. M’ayant permis de rêver, à mon tour, deux jours durant, plongé dans le livre comme personne. Redoutant chaque page un peu plus la fin de l’histoire qui malgré tout perdure dans chacun de nos esprits. Mon autre sentiment est empli de tristesse. En effet, je me dis que toutes les bonnes choses ont une fin. Mais celle-ci ? Diantre. C’est tortueux au possible mais cela laisse rêver… Passons. Revenons à ce second tome et plus globalement à cette saga Cité 19, deux livres à ne laisser passer sous aucun prétexte sous peine de voir vos démons surgir vous hanter jusqu’à la fin des temps ! Je m’emporte ? Un petit peu !

Au départ, je ne voulais pas lire le second tome avant un bon bout de temps, comme je l’avais fait avec le second tome de Phobos. Mais j’étais beaucoup trop tiraillé par les réflexions et l’histoire que le bouquin m’avait procuré. Alors je me suis empressé d’acheté le livre et l’ai lu d’une traite en une soirée-nuit. Il est clair que le livre m’a permis de respirer à nouveau, d’instaurer en moi une bouffée d’oxygène limitée dans le temps. Cet oxygène, vous l’aurez compris, était l’intrigue. Et celle-ci m’a tenu, tout au long du roman, en éveil. Tout mes sens étaient actifs, mes yeux rivés sur les chapitres, aussi court que pour son prédécesseur. Un autre coup de cœur vais-je vous dire ? En effet, je vais paraître novice pour certains mais qu’importe. Nous exprimons ici nos sentiments, qu’ils soient triste, heureux ou ébahi. Je ne puis que me résoudre à saluer le talent de l’auteur et émettre un jugement plus que positif sur cette saga. Mais, mes amis, suis-je en train de rêver ?

Résumé

Faustine, une adolescente d’aujourd’hui, se retrouve brusquement plongée dans le XIXe siècle. Décor grandeur nature ? Voyage dans le temps ? La réalité est bien plus inquiétante…
Tandis qu’elle s’enfonce dans les profondeurs de Cité 19, une ville qui ressemble à s’y méprendre au Paris du Second Empire, Faustine découvre qu’elle n’est pas la seule à vouloir détruire le simulacre.
Mais elle doit faire vite : dans son laboratoire secret, le docteur Zapruder, qui a d’autres projets pour elle, guette le moindre faux pas de l’adolescente…

Une triste réalité…

Je vais commencer ce premier paragraphe sur l’importance de cette saga à dresser un portrait calqué de notre réalité. Pour la dernière fois et si vous n’avez pas compris jusqu’ici, si vous n’avez pas envie de vous faire spoiler, arrêtez de suite votre lecture. Bien. Je disais donc, l’importance donnée à l’emprise d’un homme (ou d’un groupe de personnes, une société) sur des rêveurs. J’avais déjà élaboré cette idée dans ma chronique sur Phobos, un roman de Victor Dixen. Mon idée est la suivante: « Sont métaphorisés x personnes endormies, apathiques. Elles sont contrôlées par x stratagèmes les maintenant dans un sommeil sous certaines conditions à observer ».
Cela ne vous dresse-t-il pas ici un portrait dans lequel nous autres sommes, privé de «liberté» et constamment observé et nous nous étiolons (j’ai appris ce mot dans le livre :D) comme des personnes sans but, sans rêves, sans espoirs. Mais il est encore temps de changer, c’est ce qu’intime ce livre, si l’on ne s’arrête pas à la lisière, si l’on descend dans les profondeurs. Ce que les Veilleurs veulent que Faustine fasse. Qui suis-je pour inciter à ces desseins ? Je suis personne. Mais pensez-y, ayez toujours ce mot au coin de votre tête. Sans lui, le rêve de Faustine se serait effondré. Sans lui, le projet des Veilleurs n’aurait pas tenu. Sans lui, nous serions encore moins privé de droits.

Plusieurs narrations qui se complètent

J’en reviens à des choses plus livresque maintenant. Ce livre (comme le précédent mais je n’en avais pas fait mention) comportent plusieurs narrations dans son ensemble. Outre les apparitions ponctuelles de Morgane et Vikram, deux amis du même lycée que Faustine, coincé eux-aussi dans le simulacre et qui vivent des aventures plutôt peu banales il faut le dire, nous suivons de nouveau Faustine, d’une lucidité à toute épreuve. Elle fait face à tous les dangers avec force et courage. Peu à peu, elle prend conscience qu’elle se situe dans un rêve et tend à en sortir. Les Veilleurs veillent (très original). Nous suivons aussi le commissaire Gontran, qui cherche à résoudre l’enquête de son côté. Cela nous donne une autre vision de l’enquête telle que Faustine la faite de son côté. Enfin, les autres narrations se situe à CITE. Nous suivons différents chercheurs et spécialistes ainsi que Zapruder, dont les projets ne sont pas si déraisonné. En effet, en général les « méchants » veulent contrôler le monde et assouvir leur soif de pouvoir. Ici, tout un projet cohérent (même si le pouvoir joue sa place) et Faustine devra l’aider à y contribuer.

Pourquoi j’ai apprécié ce second tome ?

L’enquête de Faustine

L’enquête de Faustine évolue dans le bon sens. Elle continue de chercher le meurtrier tout en voulant comprendre où (et quand) elle est réellement. Est est mise vers le droit chemin par les Veilleurs, qui la mette sur des pistes et sa compréhension du monde fait le reste. Toujours lucide face aux événements, elle déjouera les quelques plans qui empiètent sur son chemin. Tel une meneuse, notre «voleuse d’étincelles» réussira-t-elle à se sortir de ces mauvais pas, avec brio qui plus est ?

L’importance des personnages

De nombreux personnages apparaissent dans ce second tome (plus que dans le premier). Et je vous le met entre milles, TOUS ces personnages ont une utilité, un impact sur cette histoire. Même les personnages que l’on croise au détour d’une page, un trait sur leurs vies est systématiquement fourni et d’un seul coup, nous sentons la distance entre nous et ces personnages se réduire. Ils ne font pas offices de figurants. Que ce soit les chercheurs au sein du labo qui commencent à se poser des questions sur les remues-ménages à l’intérieur de CITE ou dans le simulacre, ou Morgane et Vikram par exemple, dont si l’histoire ne nous contait pas leurs vies, cela ne changerai probablement pas le cheminement de l’histoire.

Sylvia

La mère de Faustine joue un rôle plus prépondérant que je ne le pensais auparavant, à la fin de ma lecture du premier tome. Nous allons la voir à plusieurs reprises et ce, dès le début du second tome. Et malgré le fait qu’elle ai abandonné sa fille pour une cause « noble », tout le monde a le droit, selon moi, à une seconde chance. Et elle a le temps d’envisager une réconciliation avec sa fille !

Une Saga unique

Le rêve

Je suis fasciné par le rêve depuis de nombreuses années. Analyser des rêves, pouvoir un jour voir ce que l’on rêve, vivre ses rêves, etc. Ce sont des choses qui ne sont qu’au stade expérimental pour la plupart. Bientôt, je suis certain qu’il sera possible de voir ses rêves sur un ordinateur, un peu comme nous le voyions dans «Divergente», dans le tome et film 1.
Dans ce livre, pleins de notions m’ont fait apprécié le rêve dans lequel était plongé les cobayes, contre leur gré certes, mais une expérience unique après coup. Entre les anachronisme, le fait qu’il n’y ai pas d’années définies, le fait que les sujets interagissent sur leurs rêves, puissent créer des personnages, en faire des projections, c’est un bonheur total. J’aimerai énormément pouvoir un jour avoir la possibilité de « vivre » ce genre de chose, à titre personnel, non pas cantonné dans le rôle d’esclave ou de cobaye pour une société. Pas vous ?

L’histoire/l’Histoire

J’adore Paris au 19e siècle. Je n’ai bien sur pas autant de connaissances que Faustine mais qui en aurait ? On a l’impression que les sens sont décuplés pour la personne qui rêve de façon dominante dans le simulacre. Donc plus de connaissances pour modéliser le rêve. Cette projection du Paris sous le Second Empire regroupent un amas de références.
Entre Haussmann, Napoléon ou des personnages que je ne connaissais pas comme Bertillon, un criminologue français décédé au début de la seconde guerre mondiale. L’idée aussi, présenté autant comme le rêve et l’Histoire, c’est que chaque cobaye se choisis une entité sur laquelle reposer. Des cobayes incarnes Napoléon et Haussmann, d’autres personnages historiques marquants sont aussi le fruit d’un « contrôle » par un cobaye. J’ai beaucoup aimé ce principe !

Une qualité stylistique incroyable

Les chapitres sont courts et haletants. On a toujours cette envie de savoir, d’avancer dans l’intrigue. C’est primordial pour les très bons thrillers. Le vocabulaire est riche de surcroît. Le style est propre, compréhensible pour tous. C’est rafraîchissant et clair. Harmonieux et sensible. Nous sentons, au delà des mots, qu’une certaine complicité s’instaure entre l’auteur et le lecteur. Pour ce qui est des descriptions, elles sont suffisamment détaillées. Comme dit Stephen King, « la description commence dans l’imagination de l’auteur, mais doit finir dans celle du lecteur de manière à ce qu’il frémisse de reconnaissance. »

La crédibilité

C’est le point fort, pour finir. Tout ceci ne serait pas possible si dans nos têtes l’histoire n’était pas crédible. C’est un fait, ici. La société qui travaille clandestinement sur des cobayes, je suis certain qu’il peut y en avoir une dans le monde d’aujourd’hui, peut-être même en ce moment. Créer un monde factice de toute part, dans le monde du jeu-vidéo par exemple, c’est faisable de nos jours. Moins en réalité augmenté, mais d’ici dix ans (je fixe une bonne marge), il sera selon moi possible d’avoir une immersion totale dans un jeu vidéo. Alors pour un rêve ?

Conclusion

J’ai adoré de bout en bout cette saga, elle est réussie. Elle m’a fait donner envie d’écrire, mais cela attendra ! Je tire mon chapeau, une fois de plus, à l’auteur, qui m’a permis de rêver. L’idée de ce roman est, selon moi, de continuer à laisser une place à nos rêves dans une société qui préconise la raison. Le rêve n’est pas superflu, le rêve est utile, le rêve est une nécessité.

Je vous retrouverai bientôt, mais cela attendra, selon moi ! J’ai des activités scolaires en suspend. Entre les partiels qui arrivent bientôt et des dossiers à préparer, je risque d’être occupé. Peut-être écrirai-je une chronique sur un roman (pas trop long). Autrement il faut aussi que je fasse l’article sur le jeu-vidéo dont je vous parlais !

Et vous, qu’avez-vous pensez du tome 1 ? De cette saga si terminée ?

Merci encore de me suivre, c’est encourageant d’avoir autant de retours et le sourire sur vos visages rend le mien plus lumineux chaque jour !

Poch

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