Emma Healey, l’Oubli

loubli
350p, disponible en poche / un bon thriller, auteur à découvrir

Bien que j’ai lu ce livre en un temps particulièrement long, plus occupé par mon travail à la fac plutôt que par ma lecture, ce livre ne s’en révèle pas moins mauvais. Malgré des longueurs et des chapitres incroyablement loooooongs (18 chapitres étalés sur 350 pages) ainsi que d’une histoire parfois bancale, le bouquin m’a rendu accro les 200 dernières pages, ressentant de l’empathie pour cette dame âgée qui a du mal à discerner le passé du présent, les souvenirs du réel. Cependant, l’enquête qu’elle mène est surprenante, entre les souvenirs de son enfance et sa vie fragmentée actuelle. Emma Healey, d’une plume agréable, signe ici un bon premier roman, un thriller psychologique.

Résumé du livre

Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c’est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d’ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l’heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu’elle sait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu’elle tente d’alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre sœur aînée, Sukey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n’y a-t-il pas tout autant de mystères autour d’elle aujourd’hui qu’à l’époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Un début compliqué

Il est vrai que j’ai mis un certain temps à prendre mes marques dans ce roman. Au cœur d’un chapitre, nous pouvons trouver plusieurs flash-back de la narratrice lors de son adolescence. Nous mettons un certain temps à savoir vers quoi l’histoire va nous mener mais une fois ce laps de temps passé, qui correspond à une centaine de pages selon moi, le plaisir s’en révèle plus que convenable ensuite. Petite anecdote qui pourrait rebuter et qui m’a un peu chagriné aussi, la redondance des pensées d’une personne atteinte d’Alzheimer. Plusieurs fois nous suivons le même schéma répétitif qui nous rappelle au combien cette maladie est triste pour celui qui la possède. L’héroïne fait ou entreprend quelque chose et l’oublie quelques secondes après et nous retrouvons cela de nombreuses fois au cours du roman. Ceci dit et comme je l’ai expliqué dans l’introduction, nous éprouvons de plus en plus d’empathie et de compréhension envers elle car la maladie évolue jusqu’à devenir irréversible et Emma Healey, de par des recherches poussées et maîtrisées, réussi à construire un thriller émouvant. Vous aurez à cœur de savoir le fin mot de l’histoire assez vite, ce qui est un point non-négligeable dans ce type d’écrit.

Tout part d’une idée fixe

Elizabeth a disparu. Tout part de ce fait avéré. Maud n’a plus de nouvelle d’Elizabeth, son amie avec qui elle passait quelques unes de ses journées. Elle en est convaincu et chaque fois qu’elle en aura le souvenir elle se démènera pour avancer dans ses recherches, dans sa quête de retrouver son amie. Dans le même temps, ses proches ne la croient pas. Un caprice de vieille dame diriez-vous. Le début de perte de raison dont vous êtes témoin mais vous êtes cependant présent pour l’attendrir.
Et dans le même temps, nous plongeons dans le passé de Maud, ou Moopz, comme l’appelait sa sœur Susan, ou Sukey. Sa sœur a disparu, elle aussi, lorsqu’elle était adolescente. Nous suivons ainsi deux enquêtes. Étonnamment, j’ai pris plus de plaisir à suivre les souvenirs passés de Maud. L’après-guerre est une époque qui m’intéresse beaucoup, l’époque évidemment de nos grands-parents, la reconstruction. C’est raconté par ailleurs de bien belle façon au sein de ce roman et j’avais l’impression de m’y trouver. Entre les ruines des maisons bombardées, les reconstructions à faire, l’aide apportée aux particuliers par la population, tout y était et rien n’est laissé au hasard. Cela n’enlève en rien les événements qui se passe au présent, bien que je les ai trouvés moins bien articulés et plus brouillons.

Une fin étonnante

Je me suis posé des questions tout au long du livre sur ce que pourrait-être cette fin et… Et bah je ne l’ai pas trouvé. Emma Healey a su insuffler en son livre suffisamment d’indices pourtant mais je n’y avais pas songé bien que cela m’avait un temps traversé l’esprit. Mais l’idée s’est bien vite envolée, comme le flot de souvenirs de Maud. J’ai été satisfait de la tournure qu’a su prendre le thriller et bien que nous manquons finalement d’informations dans ce final, cela nous laisse faire notre part de raisonnement et d’imaginer notre propre fin. Non, la fin n’est pas vraiment « ouverte » mais elle n’est pas complètement fermée non plus.


En définitif, je suis satisfait d’avoir lu ce premier roman de l’auteur. Une écriture fluide, sans anicroches. Sur ce point-ci, c’était plaisant. Je suivrai avec attention les prochains ouvrages, s’il y en a. Je vous conseille cet ouvrage entre deux pavés ou deux lectures qui vont font envie. Ce n’est pas un coup de cœur mais c’est un thriller original et embrumé par les effluves des pensées de Maud.

Ps: On m’a demandé d’essayer de raccourcir mes chroniques, je le ferai seulement pour les bouquins auquel je n’ai pas eu de coup de cœur. J’avais plus de choses à dire ici, notamment sur la maladie d’Alzheimer, mais nous nous en passerons !

Bien à vous,

Poch

Publicités

7 réflexions sur “Emma Healey, l’Oubli

  1. Coucou, tu écris : Ps: On m’a demandé d’essayer de raccourcir mes chroniques, je le ferai seulement pour les bouquins auquel je n’ai pas eu de coup de cœur. J’avais plus de choses à dire ici, notamment sur la maladie d’Alzheimer, mais nous nous en passerons !
    Qui t’a demandé ça ? C’est ton blog ! Tu fais ce que tu veux.
    Et je trouve pas ailleurs que tes chroniques longues étaient très intéressantes !

    Aimé par 1 personne

    1. Ce n’est pas vraiment demandé, c’est plus qu’il est vraiment que certaines de mes chroniques étaient vraiment longues ^^
      Je te remercie de ta franchise, je ne sais pas vraiment quoi te dire ^^
      Je n’ai pas encore trouvé mon rythme de croisière ni comment renforcer l’attractivité de mon blog. J’ai beaucoup moins de chronique que les autres blogs alors que j’ai commencé avant ou au même moment et il est vrai que j’écris souvent dans mes chroniques deux à trois fois plus que ces personnes. C’est peut-être ici un point à améliorer pour renforcer mon attractivité ^^
      Mais il est vrai que j’adore parler et expliquer mon/mes ressentis.
      Merci beaucoup pour ton commentaire Anne Sophie, ça me touche 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s