Alain Fournier, Le Grand Meaulnes

     J’avais depuis un certain temps l’envie, me remémorant notamment une discussion que j’avais eu avec une des deux blogueuses de ChasingBooks à propos des lectures plus « classiques », de me plonger dans un nouveau classique justement. Après avoir découvert les plumes de Hugo, Zola, Stendhal ou encore Steinbeck, je souhaitais lire un livre d’un auteur plus récent mais quand même suffisamment ancien, de l’âge approximatif de mes grands-parents. Par hasard, lorsque j’ai été amené à travailler sur une interview de Bernard Minier au cours du mois de Mars, accordée à RTL en Avril 2015, l’auteur cite un livre qui m’a intrigué, en disant: « le mythe de la jeunesse, en France je me souviens très bien de la lecture du grand Meaulnes, une des grandes lectures de ma jeunesse« . Ainsi soit-il. Ma prochaine lecture classique devait être « Le grand Meaulnes », l’unique ouvrage d’Alain Fournier, un livre portant sur de nombreux thèmes forts, dont le passage de l’adolescence à l’âge adulte, l’amitié, la fraternité, l’aventure, l’espoir, l’amour, la tristesse et de nombreuses domaines encore. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, le grand Meaulnes…

*les dés sont lancés, les trois coups résonnent à présent*

 

Résumé

À la fin du XIXe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge –l’école du village–, attend la venue d’Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu’il suive le cours supérieur: l’arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l’enfance finissante de François…

Le grand meaulnes
218 pages, un bon roman

Un récit de voyage intriguant mais long

Le roman se découpe en trois parties. La première partie pose l’histoire mais cela reste plat et je me suis demandé si c’était le style presque sans vie de l’auteur, les longues descriptions ou le fait que j’étais fatigué qui aurait raison de moi. Finalement, au cours de la seconde moitié de la première partie, le narrateur (François Seurel), qui n’est pas le héros de ce livre, nous conte l’aventure qui a chamboulé la vie d’Augustin Meaulnes trois jours durant. Cette partie est intéressante, intrigante. Dans cette France d’après la guerre franco-prussienne, après la création de la Tour Eiffel et une vingtaine d’années avant la Première guerre mondiale, il était sans doute possible d’errer au grès de son envie et de compter sur l’aide d’aimables personnes. Une drôle d’époque qui m’intéresse beaucoup. Drôle n’est ici pas péjoratif. Je suis réellement sous le charme de cette époque, loin de tout nos problèmes actuels. La vie semblait respirer à chaque village. Les personnes semblaient heureuses malgré de multiples raisons de pouvoir être attristées. Et la vie était d’autant plus dure qu’aujourd’hui, par ordre de comparaison. Quoi qu’il en soit, cette aventure de Meaulnes est le point central qui guide le roman et ses personnages.

Concernant mon identification, elle tend plus vers le narrateur. Je me suis détaché au fur et à mesure de l’intrigue du personnage de Meaulnes, que je trouve froid et dont je ne cerne pas les motivations. Bien que j’ai aussi ce désir d’aventure, je ne l’appliquerai pas à toute situation. Petite anecdote sympathique, lorsque je voulais placer un visage sur Augustin Meaulnes, j’y ai vu un air de Morange des Choristes. Et ce même acteur, je l’ai su ensuite, a joué dans l’adaptation du Grand Meaulnes mais dans la peau du narrateur ! C’est un fait qui m’a beaucoup amusé !

l’apologie de l’amitié

C’est une notion importante au sein de ce roman, l’amitié. Et c’est surtout la joie d’avoir un frère, un grand frère ici, lorsque l’on est fils unique. Au cours du roman, on sent cette relation évoluer de connaissance à ami puis frère car ils cohabitent et vivent ensemble cette aventure, l’un en y pensant puis en suivant son compagnon. Augustin en la vivant. Cette amitié repose sur des bases non-soupçonnées par François. Très vite il admire « le grand Meaulnes » et lorsque ce dernier se retrouve en mauvaise posture, il prend son parti et dès lors l’amitié grandit. J’ai vécu différents types d’amitiés au sein de ma vie mais rares sont celles qui ont été aussi fusionnelles… Augustin se détourne tout de même de cette amitié pour vivre son/ses aventures, au grand dam de François, esseulé au milieu de ce monde où il devient très tôt responsable et conscient du passage adolescence-adulte. Cette relation entre les deux jeunes hommes s’en retrouve joyeuse et belle. François pense tout le temps à son compagnon, son ami (sans ambiguïté, rassurez-vous). Ce livre, comme le résume cette partie, est une apologie de l’amitié, que la seconde partie du livre résume parfaitement.

Un récit d’aventure et d’amour

Outre l’amitié, c’est l’aventure, comme vous l’avez compris et l’amour que l’on retrouve globalement dans ce livre. La première aventure est vécue par Augustin. Elle dure trois jours. Trois jours auquel il déambule un peu partout, assiste à une fête organisée pour un mariage et rencontre une fille sur laquelle il va « flasher », pour employer un mot à la mode, trop récent pour que l’auteur ne le connaisse à cette époque-là. Lorsqu’il rentre de son Odyssée, il se met en quête de retrouver le chemin qui l’a amené à cet endroit mais cela lui prend des semaines, des mois. Son désir de repartir à l’aventure est toujours dans un coin de sa tête.

La seconde aventure est vécue par François. Il va découvrir du pays avec sa famille et par hasard nous révéler, ainsi qu’à lui-même, le lieu auquel Meaulnes a fait sa soirée, le lieu que cherche désespérément ce dernier depuis plusieurs chapitres. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est aussi une aventure en soi. Une belle aventure, l’émergence des bonnes et mauvaises facettes de la vie, des responsabilités, de l’insouciance à la prise de conscience. Il s’agit aussi d’amour donc. Un amour sincère. Fraternel, amical ou idyllique. Il agit sous plusieurs formes. L’amour fraternel entre Augustin et François. L’amour amical entre une femme et François. L’amour idyllique que vit un instant Augustin avec deux personnes. Mais sous toutes ces formes, l’amour reste une merveilleuse chose. Et je répugne de voir qu’Augustin n’en a jamais vraiment eu conscience, plus porté sur sa quête d’aventure et des promesses d’adolescents futiles. Au moins garde-t-il son honneur.

Un dénouement triste

C’est donc ici que l’on arrive vers la fin. Avec cette troisième partie riche en rebondissement. Le périple des deux hommes, les différentes péripéties, la quête continuelle de Meaulnes qui ne s’arrête jamais (lorsqu’il a une idée fixe, il la suit jusqu’au bout !). Mais c’est surtout les pertes qu’éprouvent François qui nous affectent. La perte de cette femme, premièrement, m’a fait un pincement au cœur. Il connaissait déjà une profonde et sincère amitié avec cette dernière. Et puis Meaulnes qui au fur et à mesure s’éloigne. La fin reste ouverte mais il est vrai que François, à la fin de ce livre, est définitivement un adulte.

Avis personnel

un ouvrage qu’il faut lire une fois, ne manquant pas de charme et pas dépassé par son temps.

Conclusion

Un livre qui se révèle sympathique à lire, se passant à la fin de 19e siècle, où d’ailleurs nous ne sommes pas dépaysé malgré le fait d’être près de 120 ans en arrière.
Mêlant aventure, amitié et amour, c’est un livre à lire à la fin de l’adolescence mais qui fera sourire tout de même ensuite et qui est, selon moi, toujours d’actualité.
Étant sincère et touchant, François nous transporte dans son histoire. Ce livre est une belle découverte mais pas un coup de cœur. Une écriture convenable et pas difficile. Mais certaines descriptions se révèlent être vraiment longues et désuètes.


Ps (extérieur au livre): Pardonnez mon manque d’activité ces derniers jours, j’étais plus occupé sur mes révisions et partiels que sur mes lectures. Je suis cependant de retour avec ce classique et d’autres livres et articles prochainement !

Poch

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9 réflexions sur “Alain Fournier, Le Grand Meaulnes

  1. J’avais lu ce livre dans le cadre scolaire quand j’étais au collège … Malheureusement, je n’en garde pas un grand souvenir mise à part que j’avais trouvé ça long … Peut-être que je me replongerais dedans un de ces jours pour voir si ces impressions sont les mêmes 😉

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    1. Vous l’avez tous lu au collège/lycée :0. Moi je n’en avais jamais entendu parler !
      Je suis content de m’y être plongé quoi qu’il en soit, bien que ma lecture était longue comme tu dis, mais les idées qui en ressortent sont bonnes et surtout vraies 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Que dire de ce roman… Je l’ai étudié en 5ème en français… A peine 12 ans me diras-tu, pour moi c’était une torture. J’en ai une très mauvaise expérience, avec une histoire longue et fade… Mais aujourd’hui, plus de 10 ans après, j’ai surtout le souvenir du film qu’on avait visionné à la fin de l’année, tu l’as vu ? Une heure trente interminable. Peut-être devrais-je le relire aujourd’hui pour saisir le potentiel de cette oeuvre. Toujours est-il que ta chronique est juste. Un petit + : t’es-tu rendu à l’école de Meaulnes ? (voyage scolaire pour ma part -surtout parce que c’est à côté de chez moi-, on a même visité la maison de François, j’avais beaucoup aimé). 🙂

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    1. 12 ans ça paraît hyper tôt en effet pour en comprendre toute l’envergure. D’autant plus que le narrateur a 15 ans au début du roman. Et c’est une lecture difficile à cet âge là, je conçois aussi !
      Je pense que tu devrais le relire en effet. Après c’est pas un livre que l’on dévore, selon-moi. On ingurgite les informations à petites doses, mais il est toujours d’actualité aujourd’hui et c’est un bel ouvrage tout de même 🙂
      Non je n’ai ni vu les films, ni voyagé à la maison-école de Meaulnes ^^. C’est assez loin de là où j’habite mais si un jour je m’aventure dans le coin, peut-être y songerai-je 🙂
      Merci de ton avis :3

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    1. Dans l’ensemble, c’est moyen ! J’attends mes résultats pour savoir si j’ai validé mon année !
      A vrai dire, je ne suis pas vraiment fan de la littérature classique mais cela donne parfois de bonnes inspirations et, de toute façon, nombre d’auteurs passent par la littérature classique pour façonner leurs écrits fictifs !
      Merci pour ton avis :), ça me fait plaisir !

      Aimé par 1 personne

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