Olivier Norek, Code 93

Olivier Norek… J’en ai des auteurs comme lui, par exemple Thilliez ou Chattam, dont j’entends parler beaucoup de bien mais dont je ne lis pas les ouvrages. Du moins Thilliez c’est résolu depuis peu. Mais Olivier Norek, j’en ai entendu tellement de bien… Et j’avais ce fameux roman dans ma PAL depuis de nombreux mois, sans oser le sortir. Au fur et à mesure des critiques pour ses deux romans qui ont suivis, critiques très élogieuses d’une masse importante de personnes, je me suis dis, « Chris, tu ne peux pas laisser passer ça. C’est contre nature ». Grand bien m’en a fait d’avoir eu cette réflexion. Voyez-vous, on reconnaît bien vite un auteur qui va plus percer que d’autres. Et Norek, dès son premier roman, qui n’atteint tout de même pas le coup de cœur, maîtrise de A à Z son sujet pour nous offrir un polar efficace et addictif au sein d’un des départements français les plus foufous, la Seine Saint-Denis. Très bien aidé par son ancien emploi à la SDPJ (sous-direction de la police judiciaire) dans le 93, il sait de quoi parler, quand le faire et surtout comment. Nous avons une intrigue bien ficelée, des personnages convaincants, un personnage principal assez proche de l’écrivain lui-même. Sans compter la plume plaisante et l’humour grisant qui se dresse entre les lignes quand il faut pour alléger le roman, nous sentons une maturité d’écriture qui n’était pas gagnée au départ, car j’ai appris que l’écrivain n’était pas à l’aise avec le français (5 ou 6 au bac). En bref, j’ai adoré ce livre et je vous le présente donc, Code 93 d’Olivier Norek.

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Code 93; façade du musée Fabre, Montpellier

Résumé

Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.

Une série de découvertes étranges – un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par auto-combustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

Roman totalement maîtrisé

Au fur et à mesure de ma lecture, je vous avouerai avoir eu un peu peur. Un nombre incalculable d’informations viennent s’ajouter sur l’amas d’interrogations déjà présents. J’avais peur qu’avec tout ceci, certaines choses soient laissées de côté. Et bah pas du tout, rien n’est laissé au hasard, tout concorde parfaitement et s’emboîte. J’ai été agréablement surpris par cette maturité que l’auteur a su instaurer dans la construction de son roman. Il est assez âgé certes mais c’est ici son premier ouvrage. Les chapitres sont courts, vifs. Après la lecture de Territoires, son second livre, j’ai pu remarquer cette ligne constante qu’a Norek, toujours dans la montée successive des couches d’angoisse, de frayeurs, d’adrénaline. On ne s’ennuie pas, on en veut. On sent ce frisson parcourir notre corps. Chaque page tournée est un pas de plus vers le final et nous avons hâte d’y arriver. J’ai lu Code 93 bien vite, il est difficile de le lâcher car au final ce livre ne comporte pas de longueurs qui viendraient empiéter sur le plaisir de notre lecture. Un point essentiel à la faculté d’immersion dans ce livre, c’est le fait qu’il se déroule en France, dans un département qu’on ne connaît parfois que par appellation, des croyances que nous avons. Mais il existe bel et bien, décrit comme il est. Le dernier élément, central selon moi, est bien entendu le fait que l’écrivain se serve de son métier pour peaufiner et travailler son intrigue dans les moindres détails. Car c’est dans ces détails là qu’un excellent roman va se différencier d’un bon. Et l’on sent à travers cette enquête le plaisir, la joie, la labeur d’un métier, retranscrite avec finesse et précision dans le quotidien du capitaine Coste.

Une équipe soudée

J’ai apprécié toute l’équipe du capitaine Coste, en commençant par ce dernier. Ils ont tous une certaine profondeur, bien que moins bien exploitée pour Sam et Ronan, mais ce sera le cas dans le livre suivant.
Le capitaine Coste a perdu sa femme et amie quatre ans auparavant et ne s’en est jamais remis. Son appartement est quasiment vide et il n’a que peu d’attache. Malgré tout il est sérieux et c’est certainement le flic le plus téméraire, dirigeant son équipe d’une main de fer mais plein de bonté. Les autres personnages que nous voyons sont:
. Matthias Aubin, l’adjoint de Coste, qui va être muté dans la campagne. On en apprend peu sur lui mais il sera nécessaire à l’enquête.
. Ronan, un « déménageur », je veux dire par là un homme très grand et très musclé. Mais des bonnes boutades et un hommes loyal.
. Sam, le petit geek et informaticien de l’équipe. Le seul « flic qui n’aime pas la vue du sang » et ne veut en aucun cas se retrouver sur une scène de crime. J’ai beaucoup aimé ce personnage et il est d’autant plus profond dans le livre suivant.
. Johanna De Ritter, bien raillée par les deux tourtereaux à son arrivée. Assez antipathique au début mais vraiment sympathique et pleine de tact ensuite. Mère de famille dévouée et championne de tir. Elle prend la place de Matthias Aubin dans l’équipe.
. Je peux citer aussi Léa Marquant, la médecin-légiste qui a le béguin pour Coste. Ou c’est l’inverse ? Peut-être les deux. Quoi qu’il en soit ces remarques sont pleines de bons sens et malgré son métier plutôt morbide, elle se laisse aller à un humour décalé et des remarques incisives. J’ai beaucoup aimé.

Une crédibilité essentielle

Qu’est ce qui fait la force d’un excellent thriller, qui n’est pas fantastique bien entendu ? C’est sa crédibilité. Le fait que ces événements pourraient avoir lieu à n’importe quelle heure, qu’importe le jour. Et c’est tout à fait le cas dans ce livre, étonnamment. L’intrigue réussi à la fois à être totalement crédible et surtout à se glisser dans l’actualité du roman, à la faveur de remarques bien placées, que nous verrons plus en détail dans Territoires. On ne se perd pas dans l’enquête, on s’y croirait, derrière les équipes de polices, sur les scènes de crime, à la morgue ou dans les rues à déambuler et voir passer les deux équipes du capitaine Coste et du capitaine Jevric, que je n’ai pas mentionné au dessus, mais qui se révèle être une semi-concurrente de Coste, mal aimée par ses hommes car trop exigeante. Olivier Norek réussi à nous pondre un rendu visuel magnifique par le biais de son écrit et c’est pourquoi il nous est facile de nous imprégner de ces quartiers, de ces rues et de son intrigue. J’ai profondément adoré ce bouquin et j’en ressors bouche bée par tant de maîtrise.

Mon avis

Olivier Norek n’est pas parti de rien car ce premier ouvrage recèle de bonnes bases d’écriture. Je ne suis pour le moins pas surpris de la réussite de ses deux ouvrages suivants, celui-ci étant déjà très bon !

Poch

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13 réflexions sur “Olivier Norek, Code 93

  1. Je connais l’auteur, de nom, mais je ne me suis jamais penchée plus que ça sur ses romans… Du coup ça me donne super envie, là. Bon, ok c’est super morbide mais j’ai bien envie de lire une enquête crédible et mystérieuse… 🙂 Une chronique convaincante 😉

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    1. Coucou Amélie !!
      Et bah je ne peux que te conseiller Norek ! Au delà du glauque (qui est malgré tout vraiment peu présent), c’est un auteur semblable à Collette où il pose un décors très visuel qui va apparaître comme un personnage, et bien ses intrigues sont haletantes et puis crédible comme tu le dis 🙂
      Merci d’être passée :p

      J'aime

  2. Dis donc, tu as réussi à me donner envie de lire ce livre ! J’adore les thriller surtout quand ils sont bien écrit & que l’on s’immerge dedans sans problèmes & j’ai comme l’impression que c’est le cas ici 🙂 Son expérience professionnelle passé a du drôlement l’aider pour le réalisme du livre, ça me tente beaucoup ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Oh ça oui ! Et bien que ce roman soit très bon, il monte en régime dans son second ouvrage (et apparemment encore une nouvelle fois dans son dernier). La je rédige la chronique pour son second :P. C’est un super auteur que je te conseille aussi ^^. Mais c’est moins tortueux qu’un thriller psychologique. C’est juste un maximum d’action et d’adrénaline 🙂

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        1. Je disais que sans son métier de policier avec toutes ces idées, je ne sais pas s’il aurait pu être écrivain ^^. Je sais qu’un dyslexique peut-être écrivain. J’ai un ami qui est dyslexique mais qui a de supers idées en SF 🙂

          Aimé par 1 personne

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