Sandrine Collette, Six fourmis blanches

Cette lecture a fait l’objet d’une lecture commune avec Kassyna de l’Oasis Livresque. Nous avons convenu qu’après nos lectures respectives « Des nœuds d’acier » de cette même auteure, que nous avions tout deux bien aimés, le choix du roman pour cette lecture s’imposait à nous, le Collette. Kassyna possède un blog récent mais c’est une blogueuse très active, qui aura tôt fait de rattraper son retard malgré la surcharge de travail qu’elle a en temps réel. Bien que l’on s’était donné trois temps de pause au niveau de nos lectures afin de faire le point, j’avais toujours une longueur d’avance et j’ai donc fini le livre très vite. Ça a été une bien plaisante lecture mais pas autant que ce que je pouvais imaginer. J’ai bien aimé suivre les personnes au niveau de cette intrigue, leur effroyable épopée au sein d’un paysage une fois encore terrifiant. Ce roman se révèle finalement dans la lignée de son premier ouvrage, mais un cran en dessous selon moi. Je vous présente ici « Six fourmis blanches » de Sandrine Collette.

Résumé

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

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Devant le Corum (palais des congrès), Montpellier

Un livre étouffant

Encore une fois, l’auteur nous emmène et nous pose au devant d’un paysage que même en rêve je n’aurais pas envie d’y être. Un paysage montagneux, empli de neige, pris en pleine tempête. Brouh. Je sens déjà les frissons me parcourir. Je ne suis pas fan de neige, je n’aime pas avoir froid. Par contre, j’aime beaucoup les paysages montagneux. La neige au sein des thrillers rend ces derniers étouffants. Et c’est cette sensation qui perdure au fil du roman, l’angoisse, la crainte de ce qui va suivre. Nous avons donc six touristes et un guide qui parcourt la montagne pour trois jours de trekking. Mais très vite cette randonnée qui devait se passer de la plus belle des façons devient un véritable cauchemar. Dans le même temps nous suivons un homme, Matthias, qui est sacrificateur. Il doit sacrifier des chèvres pour qu’aucun malheur ne se produise. Seulement voilà, il sera bien vite confronté dans son métier à un jeune homme qui prendra plaisir à maltraiter les bêtes alors que lui n’y ressent aucun plaisir, c’est son métier, ce qu’il doit faire et il a toute son humanité. S’ensuit alors, après certaines péripéties, une traque, une chasse à l’homme visant à capturer et tuer ce scarificateur.
Le scénario est posé, la lame peut enfin tomber. Guillotines, têtes coupées. Un thriller bien emmené.

Bons personnages principaux

J’ai bien aimé quatre personnages dans ce roman:
. Le couple tout d’abord que forme la narratrice Lou avec son mari. Lou a un caractère bien trempé et fera des choix quasi déraisonné tout au long du roman, n’aidant pas à leur avancée dans ce tumulte. Son mari a plus la tête sur les épaules. Il est rassurant, calme, il garde son sang froid et est exemplaire. Je ne peux en dire plus sur ces deux personnages.
. Ensuite, ce personnage là a été le sujet d’un désaccord avec Kassyna. Pour moi c’est le personnage central du roman et cela a été mon personnage préféré dès le début. Pour elle, ce n’était qu’un barbare, un tueur de chèvres. Elle disait qu’il l’effrayait. Paradoxalement du fait de son métier, j’ai trouvé que c’était le personnage le plus humain dans ce livre. C’est un habitant local qui est né dans ces montagnes. Il y a toujours vécu. Il respecte les croyances, les rites religieux qui lui ont été imposé et a suivi les traces de son grand-père afin de devenir à son tour la scarificateur qu’il est actuellement. Il possède une once de sympathie, il éprouve des sensations accrues au contact des bêtes, il se sent bien avec elles. Il dit avoir un truc, quelque chose pour repérer laquelle choisir car il ne choisit jamais au hasard. Enfin, du moins pas directement. Car dès lors qu’il existe un doute, il s’en remets aux osselets. Selon ce que lui dise les osselets, il fait son choix. J’ai toujours trouvé intriguant certains rites religieux. J’ai eu un intérêt et suivi des cours sur le Vaudou Haitien cette année et c’était très intéressant. Et malgré mon manque d’intérêt cruel pour la religion, j’ai eu une certaine admiration pour cet homme qui se sacrifie pour tout un village pour faire ce métier et qui croit dur comme fer aux osselets et au mal qui rôde dans ces montagnes. C’était prenant et saisissant.

. Le dernier personnage est bien entendu le paysage qui nous enveloppe et ne aspire dans le roman. Collette réussit à rendre tout cela très visuel et c’était effrayant de suivre ces six fourmis au cœur des montagnes albanaises.

. Par contre, pour ce qui est des quatre autres personnages qui complètent le groupe des six touristes, je n’ai rien à dire, ils sont inutiles.

Un suspense jamais à son apogée

Je n’ai malgré tout pas été surpris des événements qui se passent et je regrette qu’il n’y ait pas un élément plus concret qui plongerait le roman dans l’angoisse totale. On est dedans, totalement, dans ces montagnes. Nous ressentons cette tension, leurs peurs avec cette mort qui rôde et qui approche, dont les plus superstitieux évoque le diable venu prendre ses âmes. On sent aussi qu’un rien pourrait plonger Lou à la limite de la paranoïa, la faire se sentir de plus en plus mal à l’aise, désorientée, perdue. Mais ce moment n’arrive jamais et l’histoire retombe ensuite. Il suffisait d’un chouia. Je ne peux pas vous dire ce à quoi je pensais, mais le choix est évident à la fermeture du livre. Mais y aurait-elle survécu ? Je ne pense pas.

Mon avis

Un bon roman, étouffant et sombre un peu long à démarrer mais qui se dévore ensuite. J’ai tout de même regretté ce brin de folie supplémentaire qui aurait fait plonger le livre dans une paranoïa constante.

Poch

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5 réflexions sur “Sandrine Collette, Six fourmis blanches

    1. C’était une bonne LC avec AS ! On ne pouvait pas être d’accord sur tout et c’est ce qui fait le gros plus des LC justement, de pouvoir communiquer en temps réel ses impressions comme nous l’avions faire pour Cleave. On en a bien rigolé quoi qu’il en soit ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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