Karine Giebel, Juste une ombre

Ce roman traînait dans ma PAL depuis quelques années, décidément, sans que je n’ose le sortir. Lorsque je l’ai vu dans cette même pile à lire d’une blogueuse, Camille, que je remercie d’ailleurs fortement, je me suis empressé de lui proposer une lecture commune. Je vous incite donc à aller voir sa chronique pour comparer nos avis !
Ce qu’il y a de chouette dans une lecture commune, c’est que l’on peut sortir comme ça les ouvrages qui commencent à dater, nous forçant ainsi à les lire. Pourtant je savais dès le départ que j’aurais une lecture agréable. J’ai pu expérimenter le style de l’écrivain au travers de ses deux nouvelles Maître du jeu et cette écrivain à un talent fou pour instaurer une ambiance démente. Un style très vif, des phrases courtes qui abondent. J’aime beaucoup et l’on retrouve cette grande force dans ce roman-ci. J’ai eu une très plaisante lecture. Camille et moi avons beaucoup discuté sur le roman au cours de nos lectures et nous avons tout deux adorés à des degrés différents. En effet, j’ai adoré mais quand même un point négatif. Enfin pas vraiment, ça dépend où est-ce que l’on se place. Je ne peux pas chaque fois enlever le triomphe d’un bon roman par le fait que j’ai deviné la personne avant les 200 pages (le roman en compte 500). L’intrigue globale est prenante mais je n’ai jamais trouvé que la paranoïa du personnage principal, qui se révèle être détestable au plus haut point, n’atteignait son paroxysme. J’ai lu quelques thrillers où tout cela allait beaucoup plus loin et profond. Cependant la fin m’a scotché. Je l’ai vu venir petit à petit sur les cinquante dernières dernières pages et ça m’a carrément bluffé. Plus elle se rapprochait, plus je redoutais. Ça m’a anéanti, dans le bon sens du terme et je crois bien que je ne suis pas le seul. Et que dire de l’épilogue qui est jouissif au possible. C’est un des premiers que je lis fortement utile à l’histoire, laissant au lecteur le soin d’imaginer ses propres conclusions. Je vous présente donc Juste une ombre de Karine Giebel, une auteur française qui a déjà connu un certain succès.

Résumé

Tu te croyais forte. Invincible.
Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.
Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable.
Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour… Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre.
Tes amis s’écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider.
Tu es seule. Et l’ombre est toujours là.
Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…
Tu commandes ? Apprends l’obéissance.
Tu méprises ? Apprends le respect.
Tu veux vivre ? Meurs en silence…

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Héroïne consternante et héros entier

Dans ce roman, nous suivons principalement deux personnages.
. Le premier est flic. Alexandre Gomez est un homme entier qui met des barrières entre sa vie privé et son travail. Il se cache derrière cette bulle pour ne pas montrer qu’il souffre. Il risque constamment sa vie, fonce la tête la première dans les emmerdes. Il est intelligent mais suicidaire. Et il a une raison… Il vit avec sa femme, marié avec elle depuis dix-huit ans. Cette dernière meurt à petit feu. Chaque jour est un moment de plus passé avec elle, chaque jour un supplice en plus que de ce dire qu’il ne pourra plus rien faire lorsqu’elle sera parti. Ou peut-être la rejoindre ?
. Le second est Cloé. Et la nous avons la palme d’or de la grosse connasse. Je sais très bien que c’est voulu pour l’histoire mais bordel, je ne voudrais en aucun cas rencontrer une personne comme ça dans ma vie. Manipulatrice, calculatrice, elle se sert d’autrui pour ses propres desseins, elle est hautaine, elle pique des crises, elle veut tout, elle use de son charme pour obtenir ce qu’elle veut, elle se sent irrésistible, trop sûre d’elle, celle qui écrase tout le monde et qui mériterait le Graal. Bref, vous m’avez compris, un personnage antipathique et fort désagréable. Et c’est à ce moment là que va se jouer le paradoxe de ce roman. Quel sentiment allons-nous avoir. Lorsque la pire harpie se fait «juger» pour ce qu’elle est, rabaisser face contre terre, qu’elle plie les genoux devant la menace, que sa vie se détruit à petites doses tout au long du roman. Allons-nous jubiler ou avoir pitié ? J’avoue que parfois, j’étais grandement satisfait par ce qui lui arrivait.
Durant le premier tiers du roman, nous ne savons pas tellement comment les deux personnages vont amener à se rencontrer. Cloé commence sa paranoïa constante tandis que Gomez enquête sur un malfrat albanais. Mais très vite les deux personnages se rencontrent.
. D’autres personnages que j’ai grandement apprécié sont dans la police. Laval est pour le moins un chic type. C’est l’homme qui aide Gomez lors de ses excursions. Il a la confiance du chef. Le commissaire et boss de Gomez n’est pas plus mal même si l’on le voit peu.
. Enfin, autre personnage que j’ai bien aimé, c’est Bertrand, le petit-ami de Cloé. Il est profond, sûr de lui sans être antipathique. Et il est très mystérieux.
. Petite mention aussi à Valentine, une petite fliquette toute charmante qui a égayé quelques pages !

Une ombre plane

L’ombre est la paranoïa constante qui rôde dans la vie de Cloé. Nous sentons le personnage principal sombrer peu à peu. Elle reste sûre d’elle au début puis sa déchéance continue à un rythme effréné mais sans jamais aller jusqu’au bout. Ceci dit, l’ombre existe-t-elle vraiment ? Est-ce un être humain ou les propres élucubrations paranoïdes de Cloé ? A-t-elle des hallucinations ? L’ombre intervient toujours aux moments les plus opportuns. Ce personnage, bien entendu central au livre, est l’incarnation même du pervers psychopathe. L’ombre est tapie dans le noir, prêt à agir en tout situation. Ceci dit et à mon grand regret encore une fois, j’ai découvert l’identité de l’ombre avant les 200 pages, à l’aide d’une simple phrase. Cela m’énerve un peu il faut dire. Soit je vais arrêter de me triturer les méninges comme un fou en reliant les possibles indices soit je vais arrêter de lire du thriller. Ou bien vais-je continuer à saper le travail de dissimulation des écrivains. Mais au delà de la découverte de l’ombre, la fin reste bien haletante et m’a tenu en haleine. Je ne savais pas ce qu’il pouvait se produire et l’intelligence et la persévérance de cet être démoniaque m’ont fait plaisir. Il est allé au bout des choses qu’il s’était initialement fixé. De plus, le roman comporte par endroit des textes qui ne font pas parti des chapitres, rédigés par l’ombre et concernant Cloé. Ces textes sont très bien écrit et laisse persister le doute quant à la personne.

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Atmosphère suffocante

Au cours de ce livre, nous plongeons de plus en plus dans les ténèbres abyssaux, dans la parano ambiante de Cloé, dans la maladie qu’elle pourrait avoir et dans sa folie. Car Cloé était déjà folle avant cela. Elle a des tendances à voir le mal partout, à se méfier de tous et de tout le monde. Les deux personnages vont au bout de leurs idéaux. Cloé lutte. Gomez s’acharne. Ce ne sont pas des super-héros. Vous n’aurez donc pas de choses surprenantes de leur part. D’ailleurs, leurs issues sont scellées. J’ai cependant un petit regret pour la première partie où l’on nous place en avant une intrigue secondaire sur le personnage albanais Bashkine et qui au final est semi-inutile. Ce personnage a placé un doute pour moi quand à un possible rapprochement avec un autre personnage. Vous voyez, genre double nom. Toutefois, ce n’est pas non plus bien gênant puis son utilité est quand même nette dans l’histoire de part…. Non je ne vous dis rien !

Mon avis

Un super thriller psychologique comportant une ambiance sombre, démoniaque et paranoïaque, favorisant les desseins d’un psychopathe pervers et malsain. A lire, indéniablement.

Poch

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11 réflexions sur “Karine Giebel, Juste une ombre

  1. Alors ça si je ne me trompe c’est un livre pour moi. Pas le moi qui lit des livres mais le moi « étudiante en psycho ». Enfin ce livre est un peu pour le moi qui lit des livres aussi…
    Il a l’air très prenant, c’est intriguant ce que tu décris. Bon le personnage de Chloé s’il est vraiment comme tu le dis, ça risque de ne pas passer avec moi, ni la semi-intrigue mais pourquoi pas ? Rien que pour savoir qui est l’ombre, ou quoi ? 🙂

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    1. vous êtes combien à parler dans ta tête ? 😀
      Je plaisante ! Bien sûr que ça pourrait être un livre avec un bonne réflexion psychologique pour toi ^^, mais ça reste un thriller ! Prépare tes nuits d’éveil au chaud et veille à grain à ce que l’ombre ne soit pas tapis dans un coin, prête à surgir x)

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  2. Je viens seulement de lire ton article mais je n’étais pas chez moi vendredi et samedi donc ceci explique cela ahah !
    Sinon, très bonne chronique et en effet, nous avons eu à peu près les mêmes ressentis sur ce livre !
    Par contre, comme Sandy, je n’ai pas trop apprécié Bertrand, je n’ai pas vraiment réussi à cerner ce personnage et à comprendre ses intentions…!

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai adoré ce livre, même si comme toi j’ai eu de gros doutes sur l’ombre assez rapidement 🙂 Par contre contrairement à toi j’ai détesté Bertrand parce qu’il se sert de Cloé comme d’un objet. Cloé est détestable mais j’ai adoré son personnage car elle est imparfaite mais elle a quand même quelques qualités, ça change des personnages innocents et victimes. Karine Giebel a de l’originalité pour ça (du moins pour ce que j’ai lu jusque maintenant au niveau des thrillers) et ça rend le récit encore plus poignant, je trouve.

    C’est le premier Giebel que j’ai lu et après cette lecture j’ai décidé de tous les lire !

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    1. Moi je pense que c’est juste un jeu pour Bertrand. Il veut créer un manque chez Chloé pour qu’elle revienne vers lui. Y’a pleins de mecs comme ça dans la vie. Créer une dépendance, un jeu entre deux cœurs ^^. M’enfin c’est sur c’est pas ce que je ferai.
      Mais elle c’est une vrai chieuse xD. Et c’est la tout le paradoxe comme je l’ai écrit. Que ressentir véritablement pour elle x).
      Merci d’être venu commenter 🙂

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    1. Pas la fin !!!! Juste l’identité de l’ombre Ludo !
      La fin je l’ai entre-aperçu à 50 pages du terminus et je redoutais que ça arrive… Et je la voyais se dessiner au fur et à mesure avec effroi… C’était énorme !
      Je te le conseille bien 🙂

      Aimé par 1 personne

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