Olivier Norek, Territoires

Alors là, que dire ? Après avoir lu Code 93 deux semaines auparavant, je me suis empressé d’acheter Territoires. Et, une nouvelle fois, j’en suis ressorti comblé et conquis ! Code 93 était déjà étonnant, de part son immersion à Paris et le fait que l’auteur a su rendre son roman bien visuel. Ce roman-ci nous offre un roman d’actualité qui nous gratifie d’une belle claque. Une nouvelle immersion dans les quartiers de la capitale qui nous fait extrêmement plaisir. J’ai été ravi de retrouver le capitaine Coste et son équipe, mais ce ne sera pas de tout repos pour eux ! Car j’ai plus eu l’impression de les côtoyer en enfer tellement l’action et le suspense est présent, pressant notre envie d’en finir au plus vite. Le roman s’agrippe à notre âme tel une sangsue et aspire la moindre parcelle de fatigue ou d’envie d’arrêter. Nous allons au bout, point. C’est une nouvelle fois terriblement bien écrit. On retrouve ce suspense haletant où le roman fourmille de détails qui se révèlent efficaces par leurs présences, notamment sur les techniques d’interventions en banlieue, les méthodes d’extractions ou encore le drone ELSA et l’interrogatoire d’un suspect. Une nouvelle fois encore, c’est plaisant à suivre, addictif. Nous avons notre nicotine pour toute une journée d’éveil. Encore mieux devrais-je dire, on s’injecte les pages dans les veines et on est parti pour vivre une journée de folie, immersive au possible et rendu totalement folle par cette vision révolutionnaire des quartiers qui s’ameutent. Malgré tout et je pèse mes mots, on sent que l’auteur en a encore sous le pieds et c’est tout à fait incroyable. Beaucoup m’ont dit que Surtensions était l’apothéose. J’attendrais qu’il soit en poche avant de l’acheter et je vous dirais ça ! Et j’ai hâte d’y être ! Mais pour l’heure, laissez-moi vous présenter Territoires, le second roman d’Olivier Norek, un auteur qui s’affirme comme un des plus grands noms du thriller français.

Résumé

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

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Un suspense épatant

Encore une fois, dès le début, nous sommes plongés au cœur de l’intrigue. En quelques jours dans le livre, quelques pages pour nous, trois meurtres sont commis sur trois personnes. Les dés sont lancés, il s’avère que ce sont trois piliers, trois chefs qui contrôlent le trafic de drogues et de marchandises illicites au cœur de Malceny. Ce qui amène la réflexion suivante: qui va prendre leur place ? Tout par de là. Nous suivons la brigades des Stups d’un côté, l’équipe du capitaine Coste de l’autre. Les tensions montent crescendo. Toujours cette ambiance prenante au sein de l’intrigue, nous sommes tiraillés entre les manipulations médiatiques effectuées par des dirigeants corrompus par le pouvoir et les casses en banlieue. Que faire pour garder le pouvoir ? Chacun va tenter d’y poser sa main d’une quelconque façon. Nous sommes dans un environnement peu accueillant et propice à la révolte, un grain de sable peut tout faire basculer, les tensions sont à nos portes, un rien pourrait déclencher les hostilités, mettant ainsi la ville à feu et à sang (plus à feu pour le coup). Nous sentons cette haine qu’éprouvent les délinquants, les dealers envers la police. Tout ce monde de l’ombre qui éclate à nos yeux, aussi lumineux que la clarté de l’aurore. Et encore une fois, ce souci du détail bien retranscrit par Olivier Norek et qui nous empoigne et nous entraîne dans les bas-fonds de cette société. Décidément, j’ai une nouvelle fois était conquis par le réalisme de ce roman.

Des personnages profonds qui s’affirment

On prend les mêmes et on recommence ! Les mêmes personnages peuplent ce roman et cette intrigue et que ce fut bon de tous les retrouver ! La plupart se révèle même plus en profondeur et font des choses que je ne les aurais pas cru capable dans l’ouvrage précédent:

  1. Le capitaine Coste est en couple avec le médecin légiste Léa Marquant. Mais ça ne se passe pas pour le mieux et il ne sait pas vraiment quoi faire dans cette relation. Un temps de pause lui serait bénéfique. Cette enquête et cette affaire de meurtres tombent on ne peut mieux !
  2. Johanna a du mal à concilier travail et famille mais s’est très bien intégrée à l’équipe. Elle ne subit plus les railleries, elle s’affirme dans son rôle, devient plus indépendante, place des remarques judicieuse. Elle apporte beaucoup de fraîcheur au roman.
  3. Sam, je l’ai adoré dans ce roman-ci. Il est plus sûr de lui. Il tente des choses. C’est vrai que je me reconnais un peu en lui, notamment lorsque l’on arrive dans son appartement et la remarque si judicieuse de Jacques, la personnes âgée qui va séjourner la nuit chez lui: « vous n’avez pas peur que je dérange vos enfants » et lui qui répond: « je suis le seul enfant ici ». En référence au nombre de console de jeu et de posters accrochés aux murs. Un bon moment et une bonne vie, en somme. Il effectuera d’ailleurs autre chose, mais je le garde pour moi !
  4. Ronan, Ronan… Un vrai phénomène de foire ! Il tient bien son rôle. Drôle avec un certain charisme. Il se permet même quelques nuits torrides avec un nouveau personnage qui se révélera peut-être important.
  5. Pour le reste des personnages, tout baigne. C’est agréable, il n’y a pas d’excès de vocabulaire propre à la banlieue, c’est bien utilisé. Les insultes sont placées à bon escient, notamment dans la bouche du jeune « bibz » que j’ai trouvé bien drôle mais aussi un peu effrayant. Nous suivons aussi la maire de la ville, Vespérini ainsi que ses conseillers et adjoints. Et un autre personnage important est le boxer Markus, imposant de par ses deux mètres. Aucun personnage n’est vraiment futile à l’histoire. Bon, si il doit y en avoir quelques uns, notamment les policiers qui secondent dans la BAC. Ou bien les sous fifres dont on a même pas les noms dans la salle de réunion du « Boss », le caïd qui reprend la main sur le cartel.

S’il y a bien un moment assez insolite dans ce livre, je vous dirai de suivre avec attention (cela dure deux-trois pages) l’interrogatoire en compagnie de Coste, d’un suspect (je ne révèle pas le nom sciemment) et de l’avocat. C’est bien retranscrit, c’est drôle, j’ai adoré ce passage. C’était une nouvelle fois immersif.

Une immersion totale

Une nouvelle fois et au risque de me répéter, mais c’est tellement important, Olivier Norek nous parle avec expérience au travers de son intrigue, de son roman. Cette vision sur les banlieues, les méthodes employées, les contre-attaques des banlieusards. Tout ceci est un travail précis et fouillé où l’auteur dresse à la fois un cadre pour faire évoluer ses personnages, mais aussi un avis et un constat de cette société. Tout auteur n’aura pas cette chance de pouvoir être autant en accord avec la réalité. De ce fait, Norek le fait de bien belle façon, proposant un roman profondément ancré dans la réalité de notre monde, tant au niveau sociétal que politique ou moral.

Mon avis

C’est un thriller de haute volée que nous pond Olivier Norek, un coup de cœur indéniable. Il se lit facilement et nous propose une immersion addictive dans le quotidien effarant de l’équipe du capitaine Coste. Et sans mauvais jeu de mot, une bonne descente aux Enfers Dante nuits !

Ps: Je vous met cette chronique d’un ami blogueur sur le même titre, une merveille (Ludo)

Poch

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6 réflexions sur “Olivier Norek, Territoires

    1. Bonjour ECL !
      Comme je l’ai dit au dessus, c’est un auteur qui expose une grande part de réalité dans ses ouvrages et se différencie donc d’une fiction totale ^^. C’est très intéressant et d’autant plus prenant lorsque l’on sait que cela s’est produit et que c’est du vécu de la part de l’écrivain !
      Je ne peux que te recommander ses ouvrages donc (le dernier je l’ai pas encore lu ^^)
      Et merci pour le compliment ^_^ !
      Au plaisir de te lire 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. Coucou AS !
      En effet, il sera grand temps de s’y mettre :D. En plus d’avoir une plume très agréable et d’être vraiment sympathique, c’est un auteur qui loue la « réalité » de ses romans. Ce qu’il écrit, ça s’est passé ! Et on la sent, cette part de réel au sein de ses romans 😉

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