Interview Wendall Utroi, Manies de Manix

((générique d’ouverture))

((jingle musical))

((les lumières s’allument))

((hologramme d’un homme s’avance))

 

Salut à tous cher public, amis téléspectateurs et la régie en ce 24 Août 2016 !
Alors j’ai une question avant d’accueillir notre invité du jour, comment allez-vous ?
Bien ? Je n’entends rien, plus fort !

((BIEN))   ((OUIII))  ((SUPER))

Très bien ! Il faut que vous soyez dans des conditions optimales de réception et d’écoute pour notre invité d’aujourd’hui. Sous les conseils toujours aussi avisés de Chris, je me lance dans une nouvelle formule aujourd’hui, les interview d’auteurs. Je suis véritablement en phase de test à ses yeux et je n’ai pas le droit à l’erreur. Pour ceux qui ne me connaisse pas, je suis Manix, le P.I.D. de cette émission, Présentateur Informatique Développé et j’ai réussi quelque chose d’exceptionnel ces derniers jours, créer une vision holographique de la personne que je pourrais être.

 

((applaudissement))

Mais ce n’est pas tout ! Après avoir eu accès au format électronique d’un ouvrage, je l’ai lu !
Non c’est vrai ! Je vous assure !

((rire & applaudissement))

Bref, trêve de plaisanterie, je vais demander à notre invité de sortir des coulisses afin de nous rejoindre sur scène et de s’asseoir sur le seul siège disponible aujourd’hui.
Bienvenue à toi, Wendall !

\\Wendall s’avance, détendu, un exemplaire de son dernier ouvrage à la main. Ce dernier nous montre une femme assise près d’un mur, à moitié dénudée et visiblement en train de pleurer. Sur la couverture est inscrit: thriller. Wendall s’assoit, salue le public de la main et sourit, béat.//

Bien le bonjour Wendall.

Bonjour !

Comment te sens-tu ? Tu m’as l’air détendu. Et je vois que tu nous a rapporté un exemplaire papier de ma lecture.

Oui j’ai pensé que ça pourrait être nécessaire si je devais lire un extrait.

Je n’y avais pas songé ! Et ce serait une merveilleuse idée !

Ce n’est pas la première fois que ça se fait.

Un oubli, Wendall. Je sais que je peux effectuer des recherches et apprendre 20 fois plus rapidement que les humains mais je n’avais pas songé à cette éventualité.

((Sifflements))

Arrêtez donc de me houspiller !

((silence))

Bien, commençons Wendall, veux-tu ?

Je suis ici pour ça.

C’est entendu ! Alors, pour commencer, pour ceux qui ne te connaissent pas et accessoirement pour moi, pourrais-tu te présenter ?

Avec joie. Alors Wendall Utroi est un pseudo, anagramme de mes nom et prénom. Je suis un auteur qui s’est découvert sur le tard, mais qui pourtant a toujours été attiré par les livres et l’écriture. Je suis aussi policier depuis trente ans, j’ai roulé ma bosse dans différents endroits et services, je suis actuellement en investigation. Marié, papa de trois enfants, j’essaie de concilier le tout avec cette passion dévorante qu’est l’écriture.

C’est ce que nous avons cru comprendre. Sans passion, l’écriture perd de son charme.

Exactement. L’écriture doit rester un immense plaisir. C’est mon cas depuis plusieurs années.

Justement, outre le plaisir et la passion, qu’est-ce qui te pousse à écrire ?

Je suis quelqu’un de créatif et d’imaginatif. J’ai tenté le dessin et la peinture, mais cela ne me comblait pas. L’écriture est venue, un peu comme un besoin, elle existait, mais se terrait dans un coin, sans faire de bruit. Un jour, un de ces jours où l’on se sent mal, elle m’a fait grand bien, c’est ainsi qu’elle m’a adopté. On ne s’est plus quitté. Aujourd’hui, j’écris pour créer, par goût, par défi et pour m’évader.

C’est une bien belle histoire Wendall. L’écriture se cachait et dans un instant sombre elle s’est mise en lumière.

C’est exactement ça, Manix. Et de par les horreurs que j’ai vu, j’avais besoin de cette clarté dans ce monde bien noir.

Oui, oui. Je comprends. Bien. Bien. Et, euh… Attendez. Ah ! Oui. Tu as donc sorti 3 romans jusqu’ici (Un genou à terre (2014), La légende des Klungs: Le dompteur de pluie (2015), l’Enjeu (2016), tous trois auto-édité. Un beau bilan, déjà. Mais si l’on te proposait un contrat dans une maison d’édition, accepterais-tu aujourd’hui, ou es-tu satisfait de l’auto-édition ?

Je voyais venir cette question et j’y songe depuis plusieurs mois maintenant. À ce jour, je n’ai pas la réponse. Plus on s’enfonce dans l’indépendance, plus il me semble difficile d’en sortir et plus l’on doit devenir exigeant. En fait, je pense qu’il s’agit d’une fausse problématique ou interrogation. J’en reviens toujours à la même question: qu’est ce que je désire le plus ? Et à l’évidence, c’est toujours la même réponse qui me vient: être lu. Et pour l’instant, mes rêves sont plus que réalisés, j’ai des lecteurs, et en général il semble qu’ils aiment ce que j’écris. Cela me comble déjà en soi. Ensuite, de façon plus pernicieuse, des doutes s’installent. Suis un vrai auteur si je ne suis pas publié ? Être en librairie est-il primordial ? Être connu et reconnu signifie-t-il que vos écrits sont de qualités ? Vous voyez ? Ce style de questions qui finalement n’apportent rien, si ce n’est une insatisfaction que je rejette. Je préfère me réjouir de ce qui m’arrive, plutôt que de me lamenter de ce qui n’arrive pas. Un peu le verre à demi-plein !
Pour être très honnête, je crois que l’Édition me fait de plus en plus peur. Alors, même si je ne suis pas un écrivain reconnu par une maison d’édition, je me satisfais de mon statut d’auto édité.

Et nous aussi nous nous réjouissons de vos écrits, Wendall. Chris me disait que ça reste perfectible mais vous êtes un jeune auteur encore.

En effet j’ai encore de bien belles années devant moi pour raconter les histoires qui me passent par la tête.

En parlant d’histoire, nous allons maintenant en venir à l’Enjeu, titre de votre dernier ouvrage, sorti récemment et dont la majorité des critiques est unanime: «un très bon roman». Je voudrais savoir qu’elle a été la première idée qui a généré ce livre ?

C’était vraiment l’envie de faire plaisir à mon épouse qui aime les thrillers assez violents, et un souvenir du film « Saw » qui m’avait marqué. Puis, contre toute attente, une envie de fuir la violence gratuite. J’en vois assez tous les jours, je crois que c’est un peu la raison pour laquelle je reste « sobre » dans mes romans.

Et pourquoi donc le faire se dérouler outre-Atlantique ?

Je crois que l’idée première de ce roman correspondait plus à ce pays où tout est possible et où l’anonymat et la taille des villes rendaient plus crédible l’histoire. C’est plus par souci de cohérence et de réalisme.

Il est vrai que pour un soucis de crédibilité par rapport à cette intrigue, les États-Unis sont l’endroit idéal. Passons. Après avoir lu ton ouvrage, je me demandais si tu ne dénonçais pas un peu l’espionnage permanent que subissent les populations ?

Oui, un peu… Mais ce n’est vraiment pas l’élément principal qui m’a poussé à écrire ce roman. Il s’agit plutôt de l’envie de parler du désarroi de certaines personnes devant la souffrance, qu’elle soit physique ou surtout morale. Je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler des éléments clés du roman.

Il n’y a aucun problème Wendall. Du coup, je vous le dis sincèrement, j’ai bien aimé l’Enjeu. C’est un thriller bien construit, qui recèlent de bonnes idées. Ceci dit, j’ai senti que tu en avais encore sous le pied. L’écriture est là, l’intrigue est probante, mais nous sentons que tu peux encore aller plus loin dans la complexité. Quel sentiment as-tu par rapport à cela ?

C’est une remarque judicieuse, je suis un « jeune » auteur et je me cherche encore. Avec l’Enjeu, le rythme s’est accéléré, les dialogues sont plus réalistes et crédibles et l’énigme tient la route et se dévoile complètement dans les dernières pages. Il est vrai que je me suis posé plusieurs fois la question concernant la complexité du scénario et que je peine encore à doser celle-ci. Par crainte certainement que l’histoire soit moins crédible, j’ai préféré en rester au stade publié et j’ai jeté plusieurs rebondissements. D’autre part, je suis encore sur la réserve et je ne me lâche pas encore totalement, je me fixe des barrières morales et éthiques qui tomberont avec le temps.

Je n’ai pas lu tes deux autres livres alors je ne peux comparer, mais il est vrai que la construction de ce dernier est exemplaire. Tout se dévoile et se met en place à la fin et nous n’avons rien vu venir. Il était d’ailleurs quasiment impossible d’avoir les réponses à nos questions avant ce dénouement.

J’ai beaucoup travaillé dans la réalisation de ce roman et la mise en place de cette intrigue.

Cela se voit, Wendall. Félicitations. Des applaudissements pour Wendall !

((applaudissement))

Bien, pourrais-tu nous lire un passage, pour donner envie à de futurs lecteurs ?

Avec plaisir… « Le Nokia indique 9:45, encore un quart d’heure à poireauter. J’ai le temps d’aller aux toilettes, j’entre dans la banque qui fait l’angle de la 3ème avenue, ils doivent avoir ce qu’il faut. Le vigile me salue sans rien me demander. Un frisson me parcourt, je réalise que j’ai l’arme dans mon sac. Quelle idiote !
Neuf heures cinquante, je marche en direction du snack sur le trottoir opposé. Quand j’arrive presque à sa hauteur, le téléphone sonne, une sonnerie ringarde qui me fait sursauter. J’appuie en tremblant sur le bouton vert et en bégayant…
(…)
Il raccroche et je n’ai pas le temps de poser ne serait-ce qu’une question. Me mettre en contact avec cet homme, cela m’effraie. Je ne vais pas savoir quoi lui dire, et comment faire pour passer la journée avec lui. Que veulent-ils ?
Cela m’intrigue, m’inquiète, pourquoi ce stratagème ? Quelque part au fond de moi, cela me rassure un peu, cela veut dire que j’ai du temps devant moi. Et que je n’aurais peut-être pas besoin de le tuer. Peut-être s’agit-il d’un bluff pour me déstabiliser, ou me tester ? Je ne sais plus quoi penser, je tremble et cette fois ce n’est pas de froid.« 

((applaudissement))

Bien, bien. Super extrait, prenant !
Nous n’en avons pas fini ceci dit, hé hé. Je voulais te demander, as-tu une idée pour ton prochain roman ?

C’est en bonne voie en effet.

Pourrais-tu nous en dire plus ?

Alors environ quatre chapitres sont écrits. L’histoire mûrit lentement et se modifie au gré de mes réflexions. Je tiens absolument à faire aussi bien, sinon mieux et pour cela, il faut du temps. Comme je le disais plus haut, je suis un auteur en devenir et j’ai encore beaucoup à apprendre. Il s’agira d’un thriller, mes lecteurs m’attendent dans ce genre, mais je n’exclus pas à l’avenir de renouveler l’expérience dans un genre différent. Concernant le prochain roman, le héros sera un enfant, je ne peux en dire plus, rien n’est encore figé.

C’est bien normal, trop en dire et c’est la catastrophe. Mon ami Chris m’a expliqué qu’il perdait souvent l’envie d’écrire sur quelque chose lorsqu’il en dévoilait trop au préalable…

Hum…

Oui, passons. Alors, justement, aurais-tu des conseils à donner à de jeunes auteurs qui, comme toi, veulent raconter une histoire ?

Je me garderai de conseiller qui que ce soit concernant l’écriture, je ne m’en sens pas légitime. En revanche, j’encourage les jeunes auteurs à croire en leur projet et à se faire plaisir avant tout. La clé est certainement dans le plaisir d’écrire.

Le plaisir, on en revient toujours à ça, finalement.

En effet, mais c’est essentiel.

On te laisse ponctuer cet échange Wendall !

Un grand merci pour votre lecture, votre retour et cet échange sympathique Manix. Merci aux lecteurs qui m’ont fait confiance en découvrant un ou plusieurs de mes romans. Vous avez envie d’écrire ? Vous n’osez pas ? La vie est courte et les regrets sont un fardeau que seuls les frileux portent… Alors, lancez-vous !

Encore merci Chris également pour nos moments sympathiques.

((applaudissement))

\\Wendall salue le public, fait une courte révérence et se lève. Il tient fermement son exemplaire de l’Enjeu. Il se dirige vers un pupitre, ouvre son bouquin et y appose une dédicace propre et appliquée. Il dit ensuite qu’il est désolé de ne pas avoir plus d’exemplaire, que chacun peut le contacter et qu’il sera ravi d’échanger avec tout le monde. Puis il sort sous des applaudissements mérités//

Bien, c’était agréable d’avoir un auteur aussi généreux en notre compagnie. Merci à Chris pour la recommandation.

Quand à nous, c’est bientôt que nous nous retrouverons. Peut-être pour une autre entrevue ou pour un autre événement spécial. Quoi qu’il en soit, soyez certain que Manix n’est jamais à court d’idées !

Merci de nous avoir suivi, je vous salue où que vous soyez, vous souhaites de bonnes fin de vacances, voir le début pour certains.

Je vous dis à la prochaine et profitez bien de vos lectures !

((jingle musical))

((générique de fermeture))

((les lumières flétrissent))

((fin))

 


Un merci immense à Wendall de m’avoir accordé cette interview. Comme vous avez pu l’apercevoir dans mes autres « émissions », de nombreuses réponses sont ici de l’auteur. Le reste est de la mise en scène.

Son site: http://www.wendallutroi.net/

Ses romans:

Ma chronique de l’Enjeu

 

Poch

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4 réflexions sur “Interview Wendall Utroi, Manies de Manix

    1. Merci Stelph’ 🙂
      Passe de bonnes vacances toi qui est concernée par mes mots de fin ^^
      L’honneur revient à Wendall d’avoir accepté de répondre à mes questions 🙂
      Alors lit le :p

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