Jacques Expert, Hortense

Ce livre, j’ai d’abord voulu me le prendre dès sa sortie car je l’avais vu en rayon et le résumé m’intriguait au plus haut point. Je m’étais finalement rabattu sur d’autres romans. Finalement, après de nombreuses critiques positives vues un peu partout, je me suis décidé à franchir le pas de l’achat. Ce roman est inspiré d’une histoire vraie et c’est vraiment terrifiant que quelque chose comme tel se soit passé. Ce roman est un bon livre mais il n’est pas transcendant. Je n’ai jamais pu m’identifier à l’héroïne et je ne l’ai d’ailleurs jamais aimé. C’est une personne renfermée sur elle même, elle reste cloîtrer dans cette tristesse, dans ce passé sombre qui la hante, c’est ce que je déteste. Elle s’apitoie sans cesse. C’est vrai que ce qu’elle a vécu était dur, mais tout de même. J’ai plus eu d’affinité avec celle qu’elle voit comme étant sa fille, « Emmanuelle ».

Dans l’ensemble, je pense que les femmes ont plus eu d’affinité avec le personnage principal. Chaque femme peut s’identifier comme une future mère et personne ne voudrait voir ses enfants enlevés. Moi-même je pense que ce serait quelque chose d’horrible, et ne plus la revoir pendant 22 ans ensuite encore plus. L’histoire globale est satisfaisante bien que le premier tiers soit vraiment ennuyant. A partir d’un certain stade, on se prend au jeu. On sent qu’il y a un truc derrière cette relation entre le personnage principal et sa « fille ». Les apparences sont trompeuses, comme on dit. Par contre j’ai une impression amère à la fin de ma lecture. Un sentiment d’inachevé, un désordre. Je vous présente ci après Hortense, de Jacques Expert.

Résumé

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

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Une héroïne consternante

L’héroïne, Sophie, m’a paru consternante tout au long du roman. Il est vrai qu’elle porte un amour maternel a cette fille qu’elle n’a connu que deux ans et demi, mais il est surtout exclusif. Toutes les personnes qui habitent l’espace vital de sa fille sont traitées péjorativement par Sophie, c’est exécrable. Et si ce n’était que ça… Nous avons un nombre incalculable de page sur l’apitoiement de cette dernière et le mal qu’elle voudrait faire à ce « salaud », ce « connard ». C’est louable, j’en conviens, mais cela ne m’a pas plus que ça touché. Je n’ai pas pu m’identifier à l’héroïne et c’est sans doute pour cette raison que j’ai eu du mal à accrocher à l’histoire du roman. Elle vit recluse dans son 30m². Un appartement lugubre, sombre, où elle garde la chambre de sa fille disparue intacte depuis 22 ans. Assez creepy, non ? On peut porter un deuil dans son cœur sans pour autant se comporter d’une façon autant répugnante. C’était sans compter sur le fait qu’elle refuse l’aide qu’on lui proposait, voire donnait, et de s’étonner ensuite qu’elle soit si seule. En bref, Sophie ne m’a pas du tout captiver ni convaincu. Et j’ai de suite eu des soupçons.

une histoire alambiquée

Sophie vie seule depuis vingt-deux ans. Et lorsqu’elle l’aperçoit dans une rue de Paris un jour, c’est le drame. L’histoire et l’obsession commencent alors. Car oui, c’est ici l’objet du roman. L’obsession d’une mère qui a envie de reprendre contact avec sa fille disparue. Comment faire pour l’approcher ? Pour la convaincre qu’elle est bien sa mère et que son père l’a enlevée lorsqu’elle était petite ? Elle va donc entreprendre de se rapprocher d’elle, de s’immiscer dans son quotidien jusqu’à l’espionner. De qu’elle manière pourrait-elle le faire de toute façon ? Et l’histoire est compliqué parce que pour Sophie, son ancien amant est un véritable salaud, le diable en personne (et il ne s’habille pas en prada). Puis Emmanuelle/Hortense va se rapprocher de son côté de Sophie également. L’histoire est assez complexe pour que je vous la conte entièrement, mais très vite Hortense va nourrir des soupçons et détester la façon de vie de Sophie, trop recluse, trop en catimini, alors qu’elle a voyagé un peu partout dans le monde et son monde ne se résume pas à son 30m². Et bah j’ai beaucoup plus été attiré par la jeune Hortense et son monde, sa personnalité et son charisme que par la «vieille folle», reprenant les mots d’Hortense. Ceci dit, Jacques Expert réussit tout de même un bon tour de force en écrivant cette histoire inspirée de fais réels.

Écriture intrusive et dérangeante

L’écrivain a une façon extraordinaire de décrire et d’écrire son roman. Tout d’abord, je dois préciser que les deux narrations que nous suivons, outre les « dépositions » qui alimente le roman de faits croustillants, sont de nature internes. Donc nous sommes présent dans les émotions des deux protagonistes, on échappe à rien.Tout est quasiment fait pour que l’on ressente de l’empathie pour Sophie. Pour que nous l’accompagnons dans sa douleur. Puis nous suivons le raisonnement d’Emmanuelle. Ses interrogations, son désarroi, que l’on comprends et les arguments que Sophie met en avant. C’est intrusif car nous sommes au cœur de leurs deux vies. Dérangeant aussi par le fait que rien ne nous échappe. Que faire, quel parti prendre ? Tout est fait pour être du côté de Sophie ou de celui d’Hortense ? Tant de questions. Pour amener à une fin qui ne répond à quasiment aucune. Laissant un arrière goût amer et d’inachevé.

Mon avis

Un livre dont je peux comprendre le succès car il contient de très bons points. Malheureusement, je n’ai pas autant accroché que ça dans l’ensemble et je reste sur ma faim avec un arrière goût mitigé.

Pleack

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7 réflexions sur “Jacques Expert, Hortense

    1. Ton hésitation est dû aux avis mitigés ou l’histoire ne t’emballe pas plus que ça ? Parce que je pense qu’une femme pourrait apprécier ce livre, de par l’aspect maternel qui est mis en avant dans ce bouquin.
      Merci de ton retour Pauline ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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