Richard Gougis, Hérésies

Hérésies est un roman qui plonge dans les méandres de l’Histoire. Oui, l’histoire avec un grand H. Il évoque des événements qui se sont déroulées près de huit siècles auparavant, dans un cadre régional bien dressé. Il évoque les cathares, les templiers et l’Inquisition, une époque qui a marqué la région et qui continue de diviser ici. Ce livre est un thriller ésotérique. Alors en lisant le résumé, je ne m’attendais pas du tout à ce que ce soit ésotérique. Au programme: magie, faits marquants inexplicables, pouvoirs surnaturels. Je ne suis vraiment pas dans cette branche pour les thriller. J’aime le terre à terre, les histoire qui pourrait être réelle à en défier la raison. Je me suis laissé prendre au jeu finalement pour une résultat final mitigé et une impression partagée. Dans l’ensemble, j’ai bien aimé l’enquête et certains des personnages, que j’ai trouvé finement travaillé et plus humain que certains qui peuplent notre monde. J’ai aussi apprécié découvrir et redécouvrir les paysages et édifices qui font la renommée de notre belle région. Cependant, je n’ai globalement pas accroché tout ce qui a trait au mystique. C’était trop gros pour que j’y crois pleinement. Et certaines choses dans le livre m’ont aussi gênée. Je vous explique tout par la suite et vous présente sans plus attendre le premier roman d’un écrivain régional, Hérésies de Richard Gougis.

Résumé

Nuit du 16 mars 1244 : un Templier quitte la forteresse de Montségur, emportant avec lui un héritage secret quelques heures avant que les derniers Cathares périssent sur le bûcher.
Huit siècles plus tard : une série de meurtres rituels frappe les pèlerins qui empruntent le chemin de l’Abbatiale de Saint-Gilles à celle de Saint-Guilhem-le-désert.
Une croix des Templiers est gravée sur le corps des victimes.
Célestini, le cador de la PJ de Montpellier patauge, sans savoir que plus au nord, le lieutenant Malouni est confronté à une série d’événements étranges, des événements qui surgissent sur le chemin qui relie le Puy-en-Velay à Rodez.
À la croisée des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et aspirées dans les méandres de l’Histoire, les deux enquêtes se télescopent.
Samir Malouni, le jeune flic impulsif aux méthodes expéditives, va devoir unir son talent à celui de Félix Célestini, l’enquêteur taciturne, conventionnel et instinctif.

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Un cadre historique fabuleux

C’est la grande force de ce roman, le cadre. Évidemment, l’essentiel de l’intrigue se déroule au présent mais nous avons toujours en arrière goût l’Histoire cathare, les templiers et donc les monuments historiques, se caractérisant par les églises, abbayes et ruines. De Saint-Guilhem-le-désert à Conques en passant par Montségur, on nous entraîne donc à bord d’une fantastique croisière terrestre. J’ai eu un vrai plaisir à voir ces lieux sous une écriture maîtrisée et agréable. Mais l’intrigue ne se déroule pas uniquement à un endroit et nous perdons vite nos attaches. De multiples lieus sont présent et nous voyageons de terres en terres sur les traces de crimes horribles signés et des résurrections mystérieuses. Ce cadre est donc à double tranchant. Il est magnifique, c’est certain. Mais l’on s’y perd, comme les heures de routes que doivent effectuer les deux personnages principaux, Malouni et Celestini.

Une bonne intrigue, mais déroutante

Comme je l’ai dit dans l’introduction, je ne savais pas que j’allais avoir affaire à de l’ésotérisme. Et je ne suis pas féru de ce type de thrillers. Malgré tout, j’ai lu le livre en entier et je me suis laissé entraîner par la superstition et les pouvoirs surnaturels dont certains personnages font l’objet. Je pensais que ces meurtres auraient une connotation plus terre à terre et explicable par la science ou la raison. Ce n’est pas le cas. J’ai donc été un peu déçu par ce fait. Malgré tout, j’ai suivi avec envie les deux enquêtes des policiers. Le commissaire Celestini est celui des deux que j’ai le moins aimé. Je le trouve antipathique est globalement chiant. Ses choix et ses actions m’ont dérangé. Par contre, j’ai terriblement adoré le lieutenant Malouni, Samir de son prénom. Un «arabe» policier et qui fait son job à la perfection, de plus très humain et doté d’un humour intelligent. Un personnage qui m’a fait vivre le roman avec plus de joie car lorsque je revenais sur ses intrigues, j’avais, il est vrai, un plaisir sans faille ! Au moment où les deux enquêtes se télescopent et les deux enquêteurs se rencontrent, les intrigues sont quasiment jumelées.

L’intrigue justement, parlons-en. Des meurtres sont perpétués où les victimes sont tuées de façon presque inexplicable et retrouvée avec une croix de templier sur le corps, une lettre datant de l’Inquisition à leur côté. Très vite, on apprend que des personnes proches de la mort sont sauvées et se retrouvent en pleine santé. Par la suite intervient l’ordre de Thulé, un organisme nazi qui est censé exister depuis le régime d’Hitler. Je trouve que l’on s’est égaré du sujet initial et globalement, mélanger les nazis, les templiers, des pouvoirs surnaturels, les cathares dans un décors tel que celui-ci, cela crée un sacré bordel.

Des leçons qui coupent le rythme

Alors voilà, on rentre sur un point sensible. J’aime beaucoup apprendre de nouvelles choses en lisant des thrillers. Je trouve que c’est un genre où il est particulièrement plaisant de renforcer sa culture générale. Seulement, ça ouvre certaines limites. Je ne suis pas pour les leçons, les cours d’histoire dans une intrigue policière. L’enquête doit avoir une place prépondérante dans le livre et trop souvent ici, je n’ai pas eu l’impression d’avancer. Trop souvent, le rythme était coupé. L’intensité se perdait. Nous assistons à des passages «Wikipédia», où nous avons des descriptions et des descriptions historiques de lieux, personnages ou encore organismes. C’est sur fond de dialogues le plus souvent, mais j’ai trouvé cela assez rébarbatif à lire. Certes j’ai appris certaines choses, mais l’enquête ou les personnages en prenaient un coup. Et un sérieux si je puis dire. Le roman est bon mais ces passages là nuisent au livre. Il aurait fallu, selon-moi, en dire moins et garder un certain rythme jusqu’au dénouement.

Et au final, on se retrouve également avec beaucoup d’informations à prendre en compte. Entre les résolutions, les combats, les actions, les mystères résolus et j’en passe, beaucoup d’informations s’étalent sur les dernières lignes et j’avoue qu’il me faudrait vraisemblablement une seconde lecture de la fin afin de bien tout percevoir et comprendre. L’épilogue, par contre, est super et conclu d’une bien belle façon cet ouvrage.

Pour conclure

Un bon livre qui plaira énormément aux adeptes de l’ésotérisme. Pour ma part, j’ai moins accroché que ce que je pensais car le livre fait trop livre d’Histoire. Ceci dit il dépeint de fort belle manière notre région et l’enquête menée est intéressante. Bon premier roman mais pas incontournable.

Pleack

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5 réflexions sur “Richard Gougis, Hérésies

    1. Assez facilement en fait !
      C’est le père d’une pote de licence à la fac xD. Il travaille au midi libre à la section sport ! Et elle l’avait partagé sur son mur Facebook pour promouvoir son premier livre ^^
      Donc ni une ni deux, j’ai voulu découvrir et je me le suis fait dédicacé lorsque je l’ai acheté début Novembre ! 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. Il aurait pu me plaire s’il serait resté dans le cadre cathare…J’aime bien aller un peu partout avec les thrillers, donc ésotérique, ça aurait pu me plaire mais là au vu de ton ressenti bien argumenté, je ne me pencherai pas sur ce roman…Merci pour la découverte!!!;)

    Aimé par 1 personne

    1. Hello Stelph ! ça va ?
      Bah écoute, les cathares c’est vraiment prépondérant dans l’histoire, c’est pas le problème ^^. Je dirais que le livre explore une voie qui ne me correspondait pas tellement: la « magie » et les pouvoirs surnaturels au sein d’un thriller.
      Que les cathares sont des personnes extraordinaires et que certains descendants directs ont hérité de ces dons !
      Sinon c’est un bon livre hein ! On y découvre une belle région (pour ceux qui ne connaissent pas) et l’auteur a dit qu’il voulait vraiment apporter une sorte de reconnaissance et de « valoriser le patrimoine qu’il a découvert en arrivant dans la région » !

      Aimé par 1 personne

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