Blesse mon coeur d’une colère qui résonne (Nouvelle)

Salut à tous !
Je vous présente ci-après ma dernière nouvelle écrite. Désolé si certaines coquilles sont présentes ou des tournures dérangeantes, je ne l’ai, contrairement aux autres, pas faîtes reprendre par ma correctrice qui est surchargé de travail !

Bref, place à la lecture !




       Depuis plusieurs secondes, j’entends un sifflement ainsi qu’un écoulement d’eau. Ils crissent à mes oreilles. Mon malaise s’intensifie lorsque j’ouvre les yeux. Un serpent se tient à mes côtés, la gueule grande ouverte, faisant apparaître ses crocs affûtés. Il se tortille autour de ma jambe droite et de mon bassin. Serre, de plus en plus fort. Je commence à suffoquer. Le malaise s’installe. Qu’ai-je fait pour en arriver là. Et d’abord, où suis-je ? Je tourne la tête en tout sens. D’ordinaire, je garde un sang froid exemplaire. L’animal a le contrôle. Il ne me reste que la folie. Je ne comprends rien. J’essaie de me souvenir. Rien ne vient, le noir complet. Le serpent me fixe avec intensité. Il me semble voir au fond de ses iris qu’il ne force pas, qu’il souhaite s’amuser avec sa proie. Je réfléchis à toute vitesse. Quels objets ai-je à portée de main. Mes yeux s’arrêtent sur quelques pierres. Mais ce ne sont pas ces cailloux qui m’aideront. Une canalisation pétée sur le mur déverse de l’eau. Cela répond à une de mes questions: d’où vient l’écoulement. Le reptile reprend la constriction. Fini l’amusement, place au bouquet final. Il a faim, je le sens. Je rompt ce contact visuel que nous avions. Je pense qu’il se repaît de mon air déboussolé. Qu’il comprend à quel point je suis dans une situation pour le moins inconfortable. Qu’il sait que je vais être son prochain repas. Je ferme les yeux et tente de penser à autre chose. La première qui me vient à l’esprit. A Hélène. Oui. Hélène… Comment en suis-je arrivé à penser à elle ? Pardonne-moi. Un sentiment de rage m’envahit. Je ne dois pas laisser mes émotions l’emporter, je dois être fort. Plus fort que ça. Et si ce n’était qu’un test, un fichu test ? Comment le savoir ? Je n’ai qu’à ouvrir les yeux et à affronter ce que j’y trouverai. Je les ouvre de nouveau. L’étreinte est insupportable et l’eau continue de monter, atteignant mon bassin. Le serpent ne semble pas gêné car il est toujours là. Mais à ses côtés, sur le mur derrière la canalisation, une grosse barre de fer s’y trouve. L’ai-je sciemment pas vu auparavant ? Qu’importe, elle est présente. A toute vitesse, je calcule mes chances de réussite et la façon de m’y prendre. Je devrais prendre la barre de la main droite et pencher la tête à gauche. Au moment où le serpent attaquera, il me faudra parer de ma main gauche et lui attraper la tête. Après quoi, avec la barre, lui fracasser le crâne par deux fois. Le reptile, à demi assommé, devrait être inconscient pendant trois secondes. Le temps pour moi de lui insérer la tringle dans la gueule, de la tourner dans le sens que je sens le plus facile et d’y appliquer la force nécessaire, des deux mains, tel un levier. Il ne pourrait survive à une telle attaque. Cela ferait échec et mat en une dizaine de secondes. Cela m’en avais pris cinq pour y réfléchir. Mais il me fallait un point de départ. Le serpent sifflait. Alors qu’il continue de serrer, je décide de siffler à mon tour, l’imitant. Il semble surpris. C’est l’opportunité que j’attendais. Je plonge la tête à gauche et le bras sur la barre. Rayonnant d’espoir et assoiffé de survie, l’adrénaline est présente. Mais le serpent se fend d’une attaque éclair, les crocs en avant sur ma gorge. Je n’ai pas le temps de parer. En une fraction de seconde, je sais que j’y passe, que c’est fini. Je les sens dans ma poitrine. L’eau continue de monter, jusqu’à atteindre mes sinus. D’ici quelques secondes, je serais dessous. Je me demande comment vais-je mourir en premier: noyé ou tué par le serpent. La frayeur revient. Je ne veux pas mourir. Je n’ai pas accompli toutes les choses que je m’étais promise dans la vie. Assujettir quelques femmes. Fonder une famille avec elles. En épouser une. Une intense vague de chaleur me ramène à l’instant présent. Je sens l’air manquer. Les crocs du serpent ne sont plus dans ma gorge. D’ailleurs, il n’est plus la. Je peux de nouveau bouger, je suis libre de mouvement. J’ouvre les yeux avec intensité. De la sueur coule partout de mon visage. L’habit que je porte est trempé, un mélange d’eau et de sang. Au sol, un liquide s’étend doucement. Une odeur rance se dégage. Je me fends d’un rire hystérique dont moi seul ait le secret en me rendant compte que je me suis pissé dessus. Ce n’était qu’un foutu cauchemar, rien d’autre. Un putain de cauchemar. Mais où suis-je ? Un cliquetis se fait entendre régulièrement. Autour de moi, trois mûrs. Je suis dos au quatrième. Au sol, des formes s’entassent. Sur le mûr en face, dans l’ombre, se dessine vaguement une porte. Petite, presque invisible. Une faible lumière provient d’une lampe accrochée sur le mûr à ma droite, recouvert par une protection en verre. Aucun meubles. Aucune autre personne. Seule ma voix et moi-même dans ce trou à rats.

  • Hééééé !

Je hurle. Quelques secondes après mon cri, la lumière brille avec plus d’intensité. Je suis sorti d’un cauchemar pour me retrouver dans un autre, bien pire encore. Je lève les yeux au plafond et mon optimisme salutaire à toutes épreuves déchante cette fois lorsque je découvre cette femme, ventre grand ouvert dont le sang coule encore et les yeux blancs apeurés me fixant avec intensité, gisant. Ainsi que le spectacle de ses intestins, parfaitement posé à même le sol, où un mot y est inscrit: HONTE.

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       Mike se trouvait dans le jardin de sa maison, les deux pieds sur une chaise et patientait, le sourire aux lèvres. A ses côtés se trouvait le puits familial. Posé contre ce dernier, un fusil de chasse, qui lui servait de temps à autre lors des sorties avec ses chiens pour des battues. Un casque-micro était posé autour de son cou. Il lui servirait bien assez vite pour communiquer avec son animal. Celui-là même qu’il avait capturé et placé au fond de son puits. A ses pieds, une petite console avec un écran d’où l’on pouvait voir, en vision nocturne, un homme accroupi dos au mur, se palpant la poitrine et observant le sol avec insistance. Enfant, il s’amusait avec les fourmis. C’était ses insectes préférés. Elles courraient partout, en tout sens, et ne se défendaient jamais. C’était les partenaires de jeux idéaux. Cette lubie lui avait passé lorsqu’il était devenu père mais à présent que ce mot ne signifiait plus rien, il y reprenait goût. La traque n’avait pas été difficile. Le convaincre non plus. Il possédait plus d’une fiole, issues tout droit de ses cours de botanique où il y enseignait, contenant des substances à en défier la raison. Provoquer des vomissements, des allergies, des symptômes proche de la mort ou des paralysies. Il avait opté pour quelque chose d’efficace: un anesthésique. Il avait été agréablement surpris et heureux que son animal se soit finalement éveillé car il n’avait aucune idée du temps de sommeil. Celui-ci pouvait être éternel si l’hôte ne le supportait pas. D’ordinaire, la chance le fuyait sur n’importe lequel des jeux. Lorsqu’on le faisait jouer aux cartes ou à des jeux de société, il était souvent le premier à perdre et s’en énervait. Il n’aimait pas perdre. C’était un trait qu’il n’appréciait pas chez lui mais qui faisait aussi sa force. Il donnait chaque fois le meilleur de lui-même, repoussant un à un les échecs qui se multipliaient. Chaque effort était récompensé. Mais, des récompenses, mise à part le bonheur d’être père et d’avoir eu l’espace de trois ans une épouse, il n’en avait guère connu. Sa femme était morte et enterrée depuis bientôt seize ans et sa fille… Il ne lui restait plus rien ou presque. Des meubles, un habitat. Et cet animal qui croupissait au fond de son puits. Cela n’avait pas été facile d’y accrocher la femme, retenue avec des sangles dont ces dernières se trouvaient attachées aux canalisations. La partie la plus tendue avait été de lui sectionner le ventre, du pubis au bas de la glotte, pendant qu’elle était chimiquement endormie. Un autre composé issue des plantes dont il avait le secret. Garder une personne dans un état de sommeil total. Il était suffisamment aisé ensuite de travailler sans encombre, bien qu’il ne se révélait pas très agile un scalpel en main. De ses mains gantées imbibées de sang, il avait pris les intestins enroulés au sol et y avait inscrit le mot essentiel marquant le début d’un plan machiavélique.

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       Une satisfaction particulière habita mes entrailles. Celle d’une vengeance qui pouvait débuter. L’homme enfermé ne pouvait voir la caméra située dans le coin de la pièce. Ce dernier poussa un cri démesuré. Il était donc réveillé. C’était l’heure de commencer à se repaître. De voir si cet individu pouvait affronter la réalité et assumer ses fautes. Tout en prenant l’objet à mes pieds, je tournai un bouton situé sur le côté de sa console et en actionna un autre, ce qui désactiva la vision nocturne. La lumière dans la pièce se fit plus intense. Je jouissais d’un pouvoir sur cet homme que je ne comptais pas lâcher et je me délectais de sa terreur. L’homme semblait prendre conscience d’où il se trouvait. Tournant la tête de gauche à droite, il mit quelques secondes à lever ses yeux et voir la femme au plafond. J’appréciai les yeux terrifiés de l’homme.

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      J’ai vomi. Tout ce qu’il me reste dans mon corps. La moindre nourriture mais essentiellement de la bile, du dégoût. Hélène… Son nom m’est revenu aussi intensément que possible, telle une révélation. La femme que j’ai aimé, que j’aime, était suspendue au-dessus de ma tête, ses yeux apeurés grands ouverts et son ventre s’offrant à moi, son ultime cadeau. Mais elle ne l’a pas choisi. Je ne peux regarder plus longtemps. J’aurais voulu l’embrasser une dernière fois, lui faire mes adieux. Mais c’était trop difficile. Je me souviens du jour où je l’ai rencontré. Au garage de son père absent. J’étais de passage pour une livraison et je l’ai vue, seule, en train de déplacer des cartons. N’étant pas très douée avec les femmes, je me suis dis qu’il fallait que je l’aborde et que je procède de la même façon qu’avec les autres. En premier lieu, assujettir la personne. Ensuite, la retenir et lui donner autant d’amour et d’affection que nécessaire. C’était le plan parfait et jamais je n’y avais dévié. Pour une raison que je ne comprenais pas, les quelques personnes sur lesquelles j’avais autrefois porté mon amour ne s’étaient pas laissée faire. Toutes pleuraient. Toutes criaient. Elle aussi l’avait fait, au début. Mais elle s’était vite résignée. Elle avait très vite vu que je ne voulais que son bien, que je l’aimais déjà de toute mon âme. Je l’avais couvert de cadeaux et d’affection. Peu à peu, je sentais une complicité naître entre nous. Une relation sérieuse nous était ouverte. Un jour, alors que je lui avais demandé de nous acheter de quoi manger, je suis rentré et j’ai trouvé mon grenier vide. Elle avait disparue. Et c’était là à mon tour de pleurer. De crier. Car j’avais laissé filer l’amour de ma vie. A présent qu’elle se tenait au-dessus de moi, je voudrais être satisfait de la voir mienne une fois de plus. Mais elle est morte et ce n’est pas ce que je souhaitais. Je me relève, observant de plus près ses yeux blanc révulsés. Après vive constatation, elle est morte après qu’on lui ai ouvert le ventre. Le sadique lui avait fait ces horreurs alors qu’elle était encore en vie, probablement endormie, sous sédatifs. J’en eus la nausée, une nouvelle fois. Détournant une bonne fois pour toutes mes yeux de ma défunte bien aimée, j’observe attentivement la pièce dans laquelle je me trouve. Confiné dans une petite salle de huit mètres carré tout au plus. Rien sur les murs n’attire mon attention, mise à part une petite caméra en haut dans un coin. Cela ne m’étonne pas. Au pied de la porte maintenant bien visible faîte de métal se trouve un petit coffre que je n’ai pu voir avant. C’est le seul objet présent dans mon habitat de fortune. Je me mets à genoux. La porte au-devant m’arrive à peine en haut du buste. Cela ne me fait pas peur et renforce mon envie à comprendre les raisons de ma présence ici. Le coffre ne possède aucun cadenas. Je le regarde sous tous ces angles. Je ne décèle rien d’anormal, alors je le prends dans mes mains et l’ouvre, inquiet. Dedans, j’y trouve un papier et un pistolet. Cela m’étonne. Je n’ai jamais eu à tenir en main une arme à feu et voir celle-ci dans ce coffre m’offre un sentiment d’effroi. Que dois-je faire avec ça ? Étrangement, je songe à m’exécuter. La personne qui me retient ici pense à cette option, c’est indéniable. Mais pourquoi ai-je à le faire ? Je n’ai rien fait de mal. Si aimer est un crime, alors oui, je suis coupable. En voyant le corps d’ Hélène, je sais que je suis ici pour elle. Ou à cause d’elle, je ne sais pas. Je place le pistolet par terre et je décide de porter mon attention sur le papier. Celui-ci est plié en quatre. Lorsque je le déplie, un bout se déchire mais je n’y fais pas attention. Sur le papier, une encre parfaitement lisible. Elle me révèle des instructions à suivre:

Dans ta chère, la première est
Deux autres dans le barillet
Devant Dieu, accepte tes pêchés
Et te pardonner, je ferai

C’est à une énigme. Elle est d’une forte simplicité. Le temps doit m’être compté, je le sais. Je relis la missive par trois fois. Deux dans le barillet, ce doit être le nombre de balles. Je reprends le pistolet, l’observe. Il est rouillé. Je compte le nombre de bosses sur le barillet. J’en obtiens six. Il ne reste donc que deux balles. J’essaie de le bouger, sans succès. Ainsi ce dernier est coincé et je n’ai aucun moyen de savoir où se situent les deux balles dans l’arme. C’est bien ma veine, pensé-je. Je jette l’arme avec force contre le mur, dépité. Par chance, rien ne se produit. Je reporte mon attention sur la lettre. Accepter mes pêchés. Cela ne m’évoque rien. Quels pêchés ? Et il voudrait me pardonner si je les accepte. En somme, je n’ai qu’à accepter mes fautes et je serais libre. Mais il faudrait pour cela ouvrir cette porte. Elle me tient enfermé ici. C’est la barrière entre ma prison et le monde extérieur. Dans ta chère, la première est. Dans ta chère… Je veux sortir. Je ne pense qu’à ça. Retrouver ma vie d’avant. Retourner à mes affaires. Je jette un bref coup d’œil à la caméra et un sentiment de haine profond m’envahit.

– Qu’est-ce que vous m’voulez ?

Mes paroles sont aussi vide de sens qu’une bassine sans eau. Aussi dur que ça puisse paraître, je sais très bien ce que cette personne veut: ma mort.

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       Cela avait été facile pour Mike de traquer l’homme. Effectuant régulièrement des battues avec ses chiens en quête de proie, il savait que tous les animaux avaient un instinct de survie similaire. Ils courraient dans un sens, sans réfléchir à la porte qui pourrait se refermer derrière. Cet être abject n’avait pas fait exception. Il avait suffit de l’appâter suffisamment en lui donnant une raison de venir au rendez-vous fixé. Après quoi, une fois sur les lieux, le talent a pris la relève. Les années de théâtre qu’avaient fait Mike l’aidait dans ses mises en scène et son jeu d’acteur. Lorsque l’homme qu’il attendait est arrivé, Mike avait feint sa propre mort. Il avait soigneusement éparpillé du faux sang, saccagé sa boutique et programmé une fermeture automatique lorsque son invité arriverait. Tout était conçu pour mettre son hôte en situation de panique et, une fois les barrières de ce dernier baissées, lui jouer un tour dont lui seul avait le secret. Une composition issue tout droit de son jardin et de sa tête. La même qui avait servi à endormir la femme. Inhaler par deux fois ce breuvage et son receveur était parti pour un très long sommeil. A la différence des somnifères, son liquide était naturel. L’homme s’était rapproché du corps inerte de Mike et avait paniqué. Il a d’abord voulu partir puis s’est approché. Après avoir vérifié s’il était bien mort en donnant un léger coup de pied, il se baissa et commença à inhaler la préparation. En trois secondes il s’est affaissé et Mike put pousser un rire en se redressant. Il avait sorti une autre fiole de sa poche et en avait mis trois gouttes dans la bouche de l’homme. Cette substance pimenterait le sommeil du cobaye. Elle lui provoquerait un malaise suivi de cauchemars intenses. On pouvait, disait-on, mourir pendant un de ces songes, d’une crise de folie suivi d’un infarctus. C’était son péché-mignon, il adulait ses connaissances dans les plantes et voulait en faire des expériences régulières. Cependant, le breuvage ne devait pas tuer son hôte. Ce dernier avait l’obligation de survivre afin d’avouer qu’il faisait du tord autour de lui et qu’il avait pris pour cible sa fille unique, son enfant…

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       L’individu m’adressa une question en fixant la caméra qui me fit sortir de mes pensées. Je souris. Je ne lui répondrais pas car cela devait venir de lui-même. L’homme devait savoir pourquoi il avait été placé ici en compagnie de cette femme sans vie qui ressemblait trait pour trait à Hélène. Je continuais à me délecter de sa peur. Il voyait bien qu’il se trouvait dans une situation sur laquelle il n’avait aucun contrôle, pas de repères et qu’il était seul. Sa vie n’importait à personne. C’était une partie d’échec qui se livrait et jamais je ne perdrais. Je tournai le second bouton sur ma console. Celui-ci actionna une voix pré-enregistré étouffée qui dicta une consigne simple: accepte tes fautes. Cette phrase résonna dans la pièce plusieurs fois, créant un canon vocal impressionnant. Cette sentence pouvait rendre son hôte fou mais je ne m’en souciais pas. J’observai avec attention l’individu. Il se tenait la tête entre les mains et couinait comme un cochon que l’on égorge. Un triste spectacle s’offrait à mes yeux. Qu’importe, l’heure approchait. Une fois le moment venu, je lui dirais comment ouvrir la porte. Ainsi pourrait continuer ma douce et sombre vengeance.

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       Je continue de fixer la caméra. Je sais bien que l’on m’observe. Que l’on m’étudie. J’espère offrir un spectacle des plus intéressants. Je refuse pour l’instant de me mettre debout et je reste accroupi, observant avec minutie tout ce qui m’entoure. Rien de révélateur pour forcer la porte. Pas de pierre, de barre de fer. Rien qui ne peut m’aider. La réponse doit être dans l’énigme. «Dans ta chère, la première est.» La première quoi ? Parlait-on d’une balle ? Non, celles là était dans le barillet. La réponse vint d’elle-même. Une clé. Alors que je commençai à me poser cette question, une phrase assourdissante s’insinua en moi: «accepte tes fautes.» Elle était à la fois dans la pièce et à l’intérieur de ma tête. Raisonnante, claquant comme des cymbales entre elles. Je me pris la tête entre les mains, bouchant mes oreilles et criant avec force, le suppliant d’arrêter. Une cacophonie se fait entendre puis, peu à peu, le son s’estompe. Je mets du temps à recouvrir mes esprits et je reste allongé quelques minutes. J’entends toujours cette voix qui me susurre à l’oreille d’accepter mes fautes. Quelles fautes ? Qu’ai-je donc fait de mal ? Je me redresse finalement, groggy. Le corps au dessous de ma tête semble s’affaisser. Une odeur fétide commence à envahir la pièce. Le temps est compté avant que les émanations deviennent insupportables. J’en reviens à l’énigme et à cette clé. Cela doit être la réponse pour ouvrir la porte. La clé doit être dans la chair de ma chère… Hélène… La femme que j’ai tant aimé. Les derniers jours avec elle, je vivais un idylle des plus réconfortant. J’avais enfin trouvé la femme qui me correspondait, après toutes ces années de disette. J’avais du faire taire les autres, mais Hélène avait tenu et fini par m’apprécier, par m’aimer pour l’homme que j’étais. Je ne l’avais pas vu depuis plus de trois semaines et, de la voir maintenant suspendue au-dessus de moi, le ventre grand ouvert, me filait la nausée. Paradoxalement, jamais nous n’avons été aussi proche qu’ici. Et cela ne s’arrange pas lorsque je vois ses iris qui me fixe. J’allai devoir glisser ma main dans son corps sans organes afin d’y trouver la clé. A cette idée, je crache le reste de bile qu’il me reste en bouche. Il faut que je le fasse, ma survie en dépend. Je m’approche de son corps inerte et y glisse la main gauche, sans retenue. Je tâte à la manière d’un médecin qui palpe ses patients. Je cherche délicatement le sésame, mon assurance vie. Rien dans le bas du corps, ma main est plein de son sang. La vue du sang ne m’a jamais dérangé. J’ai déjà fait quelques sacrifices et mon moral ne m’a jamais lâché. Mais cette fois-ci est différente. Je ne l’ai pas tué et je fouille son corps comme un sac. Bien que je sois plus délicat que certains barbares, cela s’avère tout autant déchirant. Je remonte finalement vers le haut de son corps. Vers l’endroit où je voulais le moins m’immiscer, sa trachée. La cavité se referme sur ma main, de plus en plus étroite. Du bout des doigts, je sens une matière plus solide. J’y suis presque, je m’encourage. Il va falloir forcer un peu. Désolé Hélène. Pardonne-moi…
D’un geste vif, je force la trachée qui craque en un bruit sourd. Ce son me fait crisser, je ferme les yeux. J’attrape la clé, retire ma main et pousse un cri triomphant. Une seconde après, les sangles lâchent et le corps inerte tombe à mes pieds. Face contre terre, la tête a tourné de son axe initial. Je la vois maintenant dans son intégralité. Son corps si frêle et ses joues pleines. J’observe son visage. Elle me paraît plus élégante, mais je la vois avec nostalgie. Un curieux détail attire mon attention. Une chose que je n’avais pu voir auparavant. Sa tâche de naissance sur l’épaule droite. Ce qui la rendait unique. Je lui donnais un surnom affectif: mon érable. Étant d’origine canadienne, j’avais été surpris la première fois que j’avais pu observer son corps nu. Cette feuille d’érable qui se dessinait sur son épaule. Elle me disait que j’avais l’imagination fertile mais je la voyais, aussi intensément qu’aujourd’hui, elle n’apparaît pas. Cette femme, suspendue à l’instant et à mes pieds maintenant, n’est pas celle que j’ai aimée. Ce n’est pas Hélène.

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       J’avais suivi tout le raisonnement de l’homme. Ses questions, ses actions, tout. J’étais étonné qu’il se force à mettre la main dans ce corps sans vie qui lui évoquait Hélène.

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       Mike l’avait sciemment choisie… Il avait cherché, de longues nuits sur internet, via des sites de rencontres avec un faux profil, des femmes qui ressemblait à quelques détails près à sa fille. La drogue persuaderait l’homme pour le reste. Il avait pris là un chemin escarpé, sans retour possible. La colère était trop forte, la haine trop intense. Il n’avait pas compris les motivations de sa fille. Elle qui disait être tombée amoureuse. Après avoir cherché d’où provenait cette instabilité chez sa protégée, il avait trouvé: le syndrome de Stockholm. Cet homme avait enlevé sa fille plus d’un mois et l’avait soumise, violée. Elle avait réussi à s’échapper mais elle lui contait le vide qu’elle ressentait à présent. Mike devenait fou à longueur de journée. Il ne pouvait y croire. En plus de lui avoir enlevé sa fille, il lui avait pris son âme, sa joie de vivre, sa bonne humeur. Ce n’était plus la même. Il s’était violemment disputé avec elle un soir . Une discussion tendue et violente. Les derniers mots qu’il lui avait dit étaient qu’il voulait tuer cet homme de ses propres mains. Le lendemain, il l’avait trouvée dans son lit, allongée sur le dos, la tête penchée et le regard vide, un filet de bave s’échappant de sa bouche qui bougeait encore. Elle avait tenté de se suicider. Il l’avait d’urgence conduite à l’hôpital où l’on l’avait placé en soin. Il savait, au plus profond de lui, qu’il se vengerait tôt ou tard. Il avait donc, dès le lendemain, commencé sa recherche pour trouver un sosie parfait. Inviter cette fille. L’endormir, sans gêne aucune, bien aidé par un de ces élixirs. Et enfin, préparer sa mise en scène et appâter son hôte. Tout avait été minutieusement élaboré mais rien ne présupposait à ce qu’il se passa ensuite, à l’orée de ce puits.

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       L’homme continuait d’observer la femme au sol. Il avait un air hagard. Il devait se questionner sur l’endroit où se trouvait Hélène. Il avait mal, terriblement mal. Cela se voyait dans ses yeux. Il cria. Une voix pure, puissante. La colère lui montait à la tête, laquelle vira au rouge. Il sauta sur place, de rage. Allant jusqu’à la porte, il tapa violemment dessus avec son pied. Elle ne bougea pas d’un poil. Après quoi il y mit la clé et la tourna dans la serrure. Un déclic se fit entendre. D’un dernier coup de pied, elle s’ouvrit et claqua contre le mur du tunnel. Avant de s’y engouffrer, il alla chercher le flingue et, toujours animé d’une folle colère, se prépara à affronter son geôlier.

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       Je maintiens le pistolet avec force contre mon corps, considérant avec conviction que c’est mon assurance vie. Je sais maintenant que l’homme que me retient ici contre me gré est le père d’Hélène. Nous aurions pu avoir une discussion d’homme à homme, mais il a choisi de me prendre Hélène, de la retourner contre moi. Ou est-elle maintenant ? La colère continue de monter, la rage d’évoluer. Je continue d’avancer dans ce tunnel sombre. Je ne sais pas où je met les pieds, bien que je marche lentement, accroupi, dû à la hauteur du plafond. Les deux seules sources de lumière sont quelques mètres derrière moi et une vingtaine de mètres devant. J’essaie de me calmer mais c’est impossible. Ma respiration est incontrôlable. Je suis furieux. Mes mains tremblent. Bien que mon souffle produit un son particulièrement fort, j’entends distinctement le clapotis de l’eau qui tombe, des gouttes. Droit devant moi. J’accélère un peu mon avancée. Cinq mètres. Dix. Je distingue mieux la lueur devant moi. Un mur arrondi. De l’eau qui recouvre le sol sur vingt centimètres. Un puits. J’arrive enfin dans l’habitacle. Il est grand et recouvre 3m². Sur ma droite, une échelle rouillée, usée par le temps. En haut à mi-hauteur, je peux percevoir une force rectangulaire noire. Une autre caméra. Il continue de m’observer. Je lui jette un doigt d’honneur suivi de mon plus grand sourire. Je lui réserve déjà de bonnes tortures à ma sortie. Rien qu’y penser me fait saliver. Je continue d’observer l’environnement clos. Outre l’échelle et la caméra, je ne vois rien d’intriguant. Le flingue toujours en main, je réfléchis à toute vitesse. Je dirige ce dernier vers la caméra et presse la détente. Clic. Rien ne sort du barillet. Second clic. Toujours rien. Le troisième ne marche pas non plus. Et s’il m’avait menti ? Je presse une quatrième fois la détente et un son assourdissant se fait entendre. La balle fuse et fracasse la caméra. Je suis heureux. Au moins je suis certain que dorénavant il ne me voit plus et que je peux agir à ma guise, sans être un animal en captivité. Je considère l’échelle avec attention. Elle remonte sur quinze bons mètres. Certains échelons sont manquants. En haut à l’extérieur, il fait jour. Les gouttes proviennent d’une gouttière située sur la partie haute du puits. Je prends quelques instants pour penser à ce que je vais faire. Je pourrais grimper cette échelle et en finir une fois pour toute mais c’est avec certitude que je sais qu’il m’attends la-haut. Maintenant qu’il ne peut plus me voir, je décide de patienter. Ma colère est moins présente. Je pense à Hélène une fois encore. Où peut-elle être ? Elle me manque. Je revois certains échanges attendrissant que nous avons eu l’un envers l’autre. Des échanges de paroles qui ont du sens, encore maintenant. J’y pense déjà avec nostalgie, comme si je sais qu’elle n’est plus de ce monde. Je la rejoindrais dans un avenir proche, une fois que je l’aurais vengée. Je relève la tête et glisse le revolver dans mon pantalon. Le contact froid du métal me donne des frissons. Ceux-ci s’estompent alors que j’entreprends mon ascension. Un échelon après l’autre. J’en monte trois puis je cogite un instant. J’ai tiré quatre fois avec le pistolet pour une balle. Il ne m’en reste qu’une seule mais où est-elle ? Une chance sur deux de réussir ou d’échouer. Et je ne peux prendre le risque de tirer une autre fois sous peine de voir mes chances passer de 50% à 0. Je décide de rester confiant. Jusqu’à présent, mis à part cette mésaventure, la chance me sourit. Je continue de monter. J’arrive à un endroit où il manque deux échelons. Je suis à cinq mètres du sol. J’attrape l’échelon du dessus. Clang. Un bruit sourd, l’échelon se décroche et je tombe. Je tente de me rattraper à un autre, en vain. Je tombe au sol dans l’eau. Celle-ci n’amortit en rien ma chute. Ma cheville flanche et craque. Je hurle. Ma vue faiblit et le noir prends place autour de moi. Sombre, effrayant, étouffant. Je m’évanouis.

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       Trois minutes s’étaient écoulées depuis que j’ai entendu le hurlement. Je me délectai de ce cri. Je l’accueillis à bras ouvert tel un cadeau que j’attendais depuis des semaines. Une offrande divine. Mais je ne voulais pas m’arrêter là. Je voulais que ça s’achève autrement, d’une façon plus noble. Je voulais toujours que l’homme accepte ses fautes. Qu’il se repentisse, devant Dieu, devant moi. Question d’honneur, de principes. Qu’il avoue que c’était un fou, un pervers, un sadique. J’avais choisi d’emprunter voie-ci de la justice par la vengeance. Personne ne m’en porterait rigueur. Personne ne me jugerait. J’étais une personne normale avant tout ça, qui ne demandait rien à personne. J’avais tout pour continuer ma vie heureuse. Je déposai mes affaires et allai jeter un œil au dessus du puits. J’y vis au fond une forme inanimée. Vu l’ampleur du cri, je jugeai très vite qu’il était dû à une chute où le séquestré était mal retombé. Je retournai chez moi et me mis en quête de carton et d’un peu de tissu. Cela devrait être utile pour une attelle de fortune. Je trouvai bien vite ce que je cherchais et alla à la réserve. J’y pris un seau et revint près du puits. Dedans, je glissai le carton et le tissu. Grâce à un système de poulie que l’on avait autrefois conçu, je descendis le seau sans rencontrer de difficulté. J’arrêtai la descente à près de deux mètres du fond. A l’aide du tuyau d’arrosage à proximité, je balançai de l’eau dans la gouttière au pied du puits. J’entendis très vite l’eau s’écraser au sol et un nouveau braillement. Je souris puis me remis sur la chaise et observa avec attention la cabane à proximité du puits. Le cadenas tenait toujours la porte close. C’était de bon augure. Je n’avais besoin de personne.

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       La force de l’eau sur mon visage me ramène à la réalité. Celle-la même qui se situe au fond d’un puits, la cheville fracturé, la faim non rassasiée et la colère montant crescendo. Rien ne pouvait être pire qu’ici. Les larmes me montent aux yeux. Quel cruel châtiment, pour quelque chose que je ne comprends toujours pas. Je sais maintenant avec certitude que la personne qui aurait du être mon beau-père attends la-haut. Qu’attend-il d’ailleurs ? Que je m’excuse ? Qu’il aille au diable. Les excuses ce sont pour les faibles et la vie lui a appris à ne jamais s’abaisser à ces banalités. De toujours regarder droit devant soi et d’avancer en conséquence. Cette fois-ci ne fait pas exception. J’examine ma cheville de plus près. Elle repose dans un angle surprenant. La douleur est intense et chaque mouvement me fend d’un gémissement. Je regarde autour de moi, hagard, avant de songer que je peux faire une attelle de fortune avec mon haut. A l’instant où j’entreprends d’enlever mon tee-shirt, je remarque le seau, un bon mètre au-dessus de ma tête. Il semble flotter en dehors du temps. Presque une illusion. Je me redresse avec difficulté en m’appuyant sur mon pied restant et je constate le contenu du récipient. Ainsi, le vieux n’est pas si cruel. Une bonne âme. C’est la ma chance. Qu’il se montre bienveillant me fait sourire. Cette naïveté, ce manque de tact. S’il pense qu’une cheville cassée peut m’empêcher de grimper en haut de ce puits pour lui en faire baver à mon tour, il se trompe. Je n’abandonne jamais. Et plus le challenge se révèle difficile, plus je suis coriace et téméraire. J’accepte cependant ce présent. Je me remets contre le mur et soupire. La partie la plus excitante arrive à grandes enjambées, comme ce qui précède la finale d’un 100m. Une course qui ne dure que dix secondes mais dont la préparation se compte en jours, semaines, mois. Si mon destin est d’être ici, je l’accepte. Mais il me faut d’abord remettre les articulations dans le bon angle. Une étape que personne ne voudrait vivre mais il me faut y faire face avant d’y mettre l’attelle. D’un coup d’un seul, après quelques respirations haletantes, je tourne ma cheville. La douleur m’est insupportable. J’en chiale toutes les larmes de mon corps. Je me sens vide. Je peux en finir, là, ici, de suite. Deux clics. Le premier ou le second. Un des deux peut m’emporter, au loin. Le plus loin possible de cet enfer. Mais j’aime à penser que j’ai encore des choses à accomplir dans ma vie. Je vais donc faire ce qu’il me demande: me repentir. La raison vient à moi plus que la jouissance du pouvoir que j’ai pu avoir. Je dois le faire, demander pardon. Je le crie, une fois. Puis une seconde, plus forte. J’espère qu’il se délecte en haut de mes paroles. Je ne veux plus rien dire maintenant et reprendre mon ascension. En quelques secondes, comme me l’a appris les cours de survie, je me fabrique cette attelle et bloque enfin ma cheville. La douleur est toujours persistante mais canalisée. Je me lève et glisse le canon du pistolet dans mon pantalon. La hauteur du puits est raisonnable et je vois qu’il manque dorénavant trois échelons à mi-hauteur. Cela ne me rebute pas pour autant. Avec hargne, avec force, avec courage, je recommence à grimper. Arrivé aux échelons manquants, je m’encourage. Pas sauter, me dis-je. Il faut tenir l’échelle par ses deux côtés et grimper les échelons du dessous. D’une vitesse d’exécution folle, je réussi la manœuvre. Pour rien au monde je ne veux voir mon visage en cet instant. Mes traits doivent être marqués et déformés entre colère, chagrin et joie. La vengeance se tient au haut. La tristesse en bas. Le bonheur se situe sur cette échelle, dans cette montée. Je continue d’escalader les parties de l’échelle avec tact. Je suis au trois quart, la lumière se fait plus intense et me brûle les yeux. Combien de temps ai-je été enfermé la dedans ? Moi qui adore le soleil, le voir me rejeter ici me rend amer. La colère bouille en moi. Jamais je n’ai senti autant de rejet. Je gueule. J’insulte mon geôlier. De tous les noms, tous ceux que je connais. Je me fends d’un rire hystérique, démoniaque. Je vais le tuer, je le sens. Je peux déjà renifler sa peur. C’est alors que je l’entends dire, d’une voix étouffée: n’approche pas. A ce moment-là, plus de doute possible. Il me faut agir. Dieu sait comment, j’avais renversé les rôles et pris l’ascendant, repris le contrôle, le pouvoir. Je grimpe les derniers échelons, très vite, avec mon pied valide.
L’instant de grâce arrive bientôt. Mon supplice qui prend fin et le début d’un calvaire, le sien. La torture va être douce et emplie d’émotions. Enfin, je rejoins le haut du puits. La poulie me gâche la vue. Derrière elle, des arbres à foison. Et une baraque. Simple. Perdue au milieu de nulle part, une maisonnette en bois à proximité du puits. Où est-il, ce gros porc ? Je salive déjà à sa venue. Je vois déjà ses yeux ébahi, circonspects. Je veux le voir effrayé avant de le réduire en esclave. Je veux le voir et apprécier. Je distingue des bruits étouffés. Ils proviennent du cabanon à quelques mètres de l’endroit où je suis. Mais c’est une voix féminine qui me rend pâle. Je tourne la tête et je contemple, décontenancé, la personne que j’y vois. Rien de tel que ce que j’ai imaginé. En face de moi se tient le diable en personne. Rongé par la haine. Des yeux pleins d’agressivités. Je veux être partout ailleurs qu’ici en cet instant. Le canon du fusil se trouve à quelques mètres, dans ses bras, fixé droit sur ma tête. Je contemple sa chevelure blonde qui vole au vent. Pas un bruit. Le silence absolu, dérangeant. Je comprends maintenant la souffrance que j’ai créé. Je veux demander pardon, sincèrement. Mais c’est trop dur.

  • Hélène… , articulai-je avec difficulté.

Le mot de trop, sans doute. Le dernier dans ce monde décidément injuste. Une fraction de seconde et un déclic s’enclenche. Auquel s’ensuit le noir complet.

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