Maud Mayeras, Lux

Salut à tous !

Avant de commencer ma chronique de ce livre, je me dois de vous expliquer brièvement les raisons de mon inactivité. Je risque de poster moins d’articles car les grandes échéances arrivent à grandes enjambées, pas mal de dossiers à effectuer, les révisions qui ont démarrées et je dois encore trouver du travail (impératif) pour cet été ! Mis à part ça, je vous ferai probablement un article sur ma journée y’a un petit mois au salon du Rouge & Noir à Lunel mi-Mars où j’ai pu discuter avec quelques auteurs et eu un échange divin avec la personne pour laquelle j’effectue ma chronique aujourd’hui ! Sans plus attendre, allons-y !




Une histoire pesante. Suffocante. Un personnage central énigmatique & une terre d’arrivée centrale. Une intrigue poignante. Dérangeante. Attirante. Les pages se tournent. On aime. On continue. Les chapitres se lisent à vitesse grand V. Aussi grande que cette vague, aux allures de fin du monde qui arrive et qui balaye tout sur son passage, personnages, bâtiments, notre raison… Je voulais lire ce lire dès sa sortie mais je voulais attendre de l’avoir en poche. Au départ, du moins. Possédant les deux premiers livres (Hématome & Reflex) dans ce format, je voulais poursuivre la «série». L’alcool a pris le pas. Ma raison a failli. Après deux verres de vin, j’ai choisi de succomber. Et Maud m’y a beaucoup encouragé: il faut laisser la place au déraisonnable. C’est vrai. Bon dieu que c’est vrai. Oh Maud, tu m’as fait passer un bon moment de lecture. Putain que c’était cool de lire une nouvelle fois un de tes écrits. Bordel qu’est-ce que t’envoie. Tu nous abreuve de mots & phrases qui s’introduisent dans nos êtres chétifs. Tu nous fais voyager. Tu as l’art de nous transporter là où tu le souhaite et de nous transmettre les émotions que tu décris. Brouh… J’ai grandement souffert avec Antoine. J’ai vécu avec lui, ce «con de français», cette lopette qui se prends pour quelqu’un qu’il n’est pas. Putain que c’était bien construit ! Du début à la fin, bien que j’avais la puce à l’oreille pour certaines choses, te connaissant un peu plus maintenant et étant habitué à tes cachotteries, si si, j’ai anticipé quelques détails. Aussi infimes soient-ils. Mais cette fin, bien que j’en ai lu des plus terrifiantes, angoissantes, est très bien amenée. Elle conclue avec tranquillité ce roman. Je vois le livre comme un fleuve. Un long fleuve tranquille qui coule, qui coule. Il commence à pleuvoir dès le début. Le fleuve continue d’alimenter la mer. Peu à peu, la mer se retire et s’agite. Elle se déchaîne. La grosse vague arrive. La marée. Un cataclysme. Une catastrophe. Un bordel monstre. Monstrueux paysage. Et des personnages pas exempts de tout reproches non plus. Puis la mer se calme peu à peu. Pour retrouver son cours. Sa tranquillité. Sa plaisance. Son charme. Sa beauté. Maud, bien que ton roman trouve parfois quelques longueurs, notamment sur le milieu, mais c’est le charme du paysage que tu dépeins tant, ce livre m’a touché au cœur et tu es arrivé à quelque chose de surprenant et de magnifique à la fois. J’ai été enivré au sein de cette histoire et comblé de cette intrigue. Mais je sais aussi que tu peux encore aller plus loin, explorer plus profondément la noirceur. Je vous présente plus en détail Lux, la lumière de Maud Mayeras.

Résumé

C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon. 2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie. Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur. Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse. Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.

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L’Australie, personnage central

Oui, oui. Maud emprunte à Sandrine Collette. Enfin, c’est du moins ce qui m’avait fait réagir dans Six fourmis blanches & Des nœuds d’acier, un paysage omniprésent, suffocant qui fait partie intégrante de l’intrigue et qui vit au rythme des personnages. L’intrigue dans les deux premiers livres de Maud, Hématome et Reflex, prenait nettement le pas sur le paysage. Il faut dire que, dans les grandes lignes, c’était normal. Étant donné que la première histoire se passait en ville & la seconde un mélange de ville & terre. Mais pour cette histoire là, c’est ahurissant. L’Australie, Ceduna & d’autres petits villages de «merde» dont personne en a rien à cirer et n’ira jamais, que personne ne situe sur une carte, sont LE personnage qui nous fait vivre cette histoire haletante. Nous sommes cloisonné dans ces terres arides où le soleil est prédominent. Où une forte pluie et une vague gargantuesque prennent le relais. Où des terres sans fin où l’horizon n’a plus aucune limite est évoqué. Où une ferme se situe à près de 40 km de toute habitation connue. Une ferme, perdue au milieu de nulle part. Putain de bordel de merde, l’Australie, dans ces coins paumés, c’est quand même quelque chose ! Je me suis laissé aspirer au cœur de ces paysages si bien décrit par l’écrivain. Et balader aussi. Oh ça oui.

Les monstres dans le ventre des enfants

Une partie de la dédicace qu’écrivait et signait Maud. Fallait-il vraiment passer par là ? Traquer ensemble, lecteurs et écrivain, les monstres tapis dans l’ombre, qui se réveillent peu à peu au fil du livre, se révélant à nous tel la douce mélodie qui sort d’une boite à musique. Nous avons chassés. Nous avons beaucoup couru, voyagé. De long en large des côtes. D’un bout à l’autre de l’Australie. Chacun des personnages possèdent ses démons. Ses peurs. Ses hantises. Chacun a ses secrets, ses non-dits. Nous savons, bien entendu, la majeure partie. Mais eux non. Ils se cachent les uns les autres et n’osent pas. Ses monstres intérieurs auront raisons d’eux. Et font ce qu’ils deviennent. Le passé forge ce que nous sommes aujourd’hui mais c’est au présent que s’écrit notre histoire, notre futur. Celui de nos personnages est passé d’un état sanguinaire à une lutte acharné pour la survie mais aussi d’un état apeuré à effrayé. L’âge, le temps n’efface parfois pas les blessures et malheurs vécu pendant l’enfance. Et c’est un point important que nous constatons au cours du roman.

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Quatre autres personnages sur un pied d’égalité

Je n’ai pas souvenir d’un livre qui m’ait donné autant de satisfaction vis à vis des personnages. Je n’ai pas trouvé, dans les quatre personnages principaux qui peuplent ce livre, qu’un avait été laissé de côté au profit des autres. Les quatre sont intéressants. Les quatre apportent énormément à l’histoire. Les quatre vont vivre des horreurs et chacun va avoir sa perception des choses, son caractère. On verra leurs forces mais surtout leurs faiblesses.

En premier lieu, Antoine. Le français qui revient en Australie, vingt ans après. Vingt longues années à ruminer son passé. Un été passé à Ceduna. Un été qui a tout changé. Un été où il a tout connu. Comment ne pas apprécier Antoine ? C’est infaisable. On est avec lui, dans ses souffrances de gosse, dans ses projets d’adultes. On vit avec lui. On souffre avec lui. Mais comme je l’ai dit, il n’est pas seul.

Hunter, l’ami qu’il s’était fait vingt ans auparavant. Un ami australien. Un battant. Quelqu’un avec une fierté, quelqu’un qui ne se laissait pas faire. Qui avait des projets. Qui voulait vivre sa vie, à plein temps, sans personne pour lui dicter quoi faire. Jusqu’à ce qu’il soit victime d’un drame.

Lark, la sœur de Hunter. Une fille réservée, timide. Antoine l’a croisé quelques fois sans y faire attention. C’est quelqu’un d’attachant. Très vite, elle tombe amoureuse d’Antoine au cours de cet été où tout arrive. Elle a vécu certains traumatismes qui vont impacter l’histoire.

Et enfin, oh oui ! La grande force de ce livre. La fraîcheur. La surprise. Allan Numereji, dit « Cookie » et appelé « La carne » par Antoine. Une personne qui a perdu la raison du à un traumatisme. Il parle avec la pluie, avec la terre. Il est terrifiant mais sympathique. Mais surtout profondément humain. On a l’impression qu’il parle tout seul. On a l’impression d’entendre un con. Mais il ne l’est pas. Il entend des choses auxquels les autres ne font pas attention. Il incarne le mystère, l’attendrissant, le protecteur, la vie. Tout ces choses à la fois. C’est un personnage que j’ai adoré même si je l’ai trouvé, comme tout le monde je suppose, vraiment bizarre au début !

Pour conclure

Bordel de dieu ! Un livre excellent. Je me suis peu attardé sur les quelques longueurs car c’est quelque chose que j’ai noté après coup, quelques jours après la lecture. Le reste est tellement excitant, dévastateur, qu’il m’a fait boire la tasse. C’était grand, génial ! Mais avec Maud, maintenant, il faut s’attendre à ça. Et, avec son talent, on peut imaginer encore mieux, à venir !

Pleack

 

Ps:

Dans l’éventualité où tu passes par ici Maud, je t’enverrai un message comme promis avec quelques uns des livres que je dois lire mais aussi pour mon retour de Black Mirror ! Je ne veux pas t’envoyer de message sans matière !

Continue comme ça, c’est super et t’es géniale ! Autant dans tes écrits qu’en vrai de vrai !
J’ai encore notre échange en tête et malgré la stress dans les premières secondes, j’ai passé un moment indescriptible ! Merci Maud !

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3 réflexions sur “Maud Mayeras, Lux

  1. ET bien!!!!!Quelle chronique! Tu me diras en même temps quel livre aussi, et surtout quelle fantastique auteure!!!;) C’est bizarre ça, je reconnais cette photo^^ 😉
    On voit que cette rencontre t’a été profitable , il n’y a rien à ajouter de plus à ce beau retour de lecture!!!!;)

    Aimé par 1 personne

    1. Tu es bien matinale dit-moi !
      J’ai bien fait de mettre la programmation à 7h ! Tu te serais ennuyée ce matin dans le cas contraire !
      J’ai vu quelques coquilles, il faut que je corrige 🙂
      Sinon je suis amplement d’accord avec tout ce que tu as dit ! Et oui, la fameuse photo :p
      Ton avis était super aussi sur ce bouquin !!

      Aimé par 1 personne

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